La rubrique Kulturisme

Par Solène Bellora.

La rubrique Kulturisme est un billet recensant trois documents culturels que vous pourrez consommer sans modération. Ouvrir ses horizons, s’informer, découvrir, tels sont ses objectifs.

Les nuits fauves, Cyril Collard, Ed. Flammarion, 1989.

Roman de Cyril Collard il est publié en 1989 et adapté au cinéma en 1992.

Résumé : « Il a trente ans, il aime les garçons. Et les corps anonymes qui s’emparent de lui dans les rites pervers des nuits fauves. Il aime les filles de passage. Et Laura. Il est séropositif. Lâcheté ou panique, il ne l’a pas dit à Laura. Il l’a peut-être contaminée. Elle a dix-sept ans et l’aime jusqu’à la folie, usant de tout pour ne pas le perdre : prières, violence, mensonges, chantage. Ils s’aiment et se déchirent dans un rythme serré de clip vidéo, où défilent les ombres et les lumières de la ville, où le répondeur téléphonique hache les mots de la passion. Avec, soudain, de lentes plages de mémoire. Menacé de mort, il naît au monde qui l’entoure. Il est vivant. »

Les mots sont crus, l’ambiance est sombre, la lecture de ce bout de vie nous reste en travers de la gorge et pèse sur nos cœurs. Simplement narrée, l’histoire de Cyril Collard saura vous transporter à ces moments, à ces scènes, à cette vie que « il » vit. Ce qui m’a certainement le plus marqué, ce sont les relations : malsaines, malaisantes et toxiques. Les nuits fauves vous plongera dans les années 80 avec l’apparition du sida et la disparition progressive du sexe sans préservatifs.

Dallas Buyer Club (2014)

Réalisé par Jean-Marc Vallée. Sorti en 2014. Durée 1h57.

Synopsis : « 1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie. »

Ne vous fiez pas aux apparences, les thèmes traités par le film vont bien au-delà de la séropositivité. En passant de l’homophobie, la transphobie ou encore la sérophobie, à la dénonciation d’un monde médical, scientifique et institutionnel opaque transformant ses patients en clients, ce film nous montre bien les débuts ratés de la gestion de l’épidémie de VIH et de sida.

Le personnage de Ron Woodroof n’est pas dans la demi-mesure et n’implorera jamais votre pitié. Il est entier tant dans sa personnalité que dans ses convictions. Le personnage de Royan est magnifiquement interprété par Jared Leto. Les trajectoires individuelles se croisent pour alimenter une dynamique collective émouvante.

Vous l’aurez compris, un jeu d’acteur sensas, récompensé par deux oscars en 2014 : celui du meilleur acteur pour Matthew McConaughey et celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Jared Leto.

Percutant, bouleversant et révoltant.

Le journal positif (culture 2.0)

illustration par Mehdi Reynard

Le journal positif est un blog sur lequel Rémi partage son expérience avec le VIH.

Entre témoignages, prises de position, récit des moments qu’il a pu vivre, le but de ce blog est de lutter contre la sérophobie.

Montrer à quel point, malgré les avancées réalisées en termes de traitement de l’infection, la prise en charge des patients et la manière dont les personnes séropositives sont perçues dans la société restent encore largement à repenser.

Si vous souhaitez connaitre plus précisément la trajectoire de Rémi, je vous invite à écouter le premier épisode de « The Jojo Podcast » :

Partie 1 : https://open.spotify.com/episode/2vvpjw9JVZM0jJrDaxdJGo?nd=1

Partie 2 : https://open.spotify.com/episode/1ypu4K4hMDXCUnYh7GA0Iu