Sciences Pistes à domicile – l’interview

par Solène Bellora.

Nouvelle année et nouveaux projets pour nos élèves à Sciences Po Strasbourg. Aujourd’hui, la rédaction s’est rendue dans les coulisses d’une initiative qui vient de s’immiscer dans l’institut : Sciences Pistes à domicile. Rencontre avec Luc Biedermann et Xavier Devaux, les deux référents pour Strasbourg.

Est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement ?

Luc Biedermann : Je vais avoir 22 ans, et je rentre en master 2 de Droit de l’Economie et de la Régulation en Europe (DERE)

Xavier Devaux : Je suis en 2ème année et je viens d’Alsace 

Pouvez-vous nous présenter le projet ? Qui sont les acteurs ? Les enjeux ? 

LB : Concernant le projet Sciences Pistes à domicile, personnellement je l’avais vu sur Facebook. C’est Thomas Le Corre qui est étudiant à Sciences Po Paris qui avait mis une annonce sur le groupe étudiant inter IEP. Je m’étais donc un peu renseigné sur l’entreprise, j’ai vu qu’ils lançaient l’initiative dans tous les Sciences Po de France à la rentrée, et je me suis dit pourquoi pas ! C’est un projet qui est plutôt intéressant sachant que personnellement j’avais déjà donné des cours particuliers par le passé. Ça m’a tout de suite chauffé ! 

XD : Moi c’est différent, j’ai été abordé sur Leboncoin, j’avais mis une annonce pour donner des cours de français. Ils [l’équipe] ne pensaient pas que vendre le projet sur Facebook ça allait prendre donc ils contactaient directement les sciences pistes sur Leboncoin. Finalement, Luc s’est aussi proposé sur Facebook. Ensuite on a été nommé tous les deux référents pour Strasbourg.

Notre but c’est de faire de la mise en relation entre les tuteurs, c’est-à-dire les sciences pistes qui vont donner des cours, et les familles, qui recherchent des personnes compétentes pour donner des cours. 

Les particuliers se mettent directement en contact avec vous ou passent-ils par l’entreprise nationale ? 

XD : C’est nous qui allons chercher les particuliers. On met des annonces sur Leboncoin, ensuite ils nous contactent et une fois qu’on a cerné le profil de la personne et ses attentes, on poste un message sur le groupe Facebook « Sciences Pistes à domicile ». On étudie au préalable les candidatures, le profil qui correspond le plus aux attentes de la famille. A partir de ce moment, on met en relation le tuteur et la famille, en fixant un premier cours pour voir si le courant passe bien et ensuite on fait signer un contrat. Par la suite, on envisage également de publier des annonces dans les journaux locaux. Ça va notamment être le cas avec le journal l’Alsace dans peu de temps.

Comment cela se passe pour l’instant au niveau de l’équilibre offre / demande ? 

LB : Pour l’instant, c’est un peu compliqué au niveau des demandes, on va être honnêtes. Ce qui est important, pour ce genre de projets c’est de faire directement de la pub dans les collèges et les lycées. Ce qu’on prévoit d’abord c’est une impression d’affiches et de flyers, il y aura donc une communication qui se fera dans les établissements. On espère également faire des interventions en classe. Avec ce levier ainsi que les annonces qui seront postées sur Leboncoin ou Super Prof, par exemple, on va commencer à avoir bien plus de demandes. 

Au vu de la situation actuelle, quels sont les possibles aménagements du projet si nous venions à être reconfinés ? 

XD : On a bien précisé que ça pouvait se faire par webcam. Après cela dépend également des familles, certaines préfèrent le contact physique mais on a la possibilité de s’adapter. 

Quel statut les tuteurs auront-ils s’ils décident de participer au projet ? 

LB : Il est important de préciser que c’est une entreprise. Que ce soient les référents ou les tuteurs, nous sommes déclarés sous le statut d’autoentrepreneur. Nous savons que cela peut représenter une certaine contrainte mais c’est avant tout une sécurité, d’une part pour l’entreprise mais aussi pour les familles. Certaines familles qui ont l’habitude de faire appel à des élèves qui travaillent au black sont également parfois réticentes. Toutefois, c’est clairement un gage de qualité. Personnellement, je trouve qu’il est mieux d’avoir un prof particulier chez soi attitré plutôt que de devoir payer plus pour des structures où les cours sont réalisés avec des groupes de quatre ou cinq personnes. Pour un élève, il est toujours mieux d’avoir un suivi personnalisé 

Concernant les familles qui n’ont pas forcément les moyens de payer ces cours particuliers, que proposez-vous ? 

LB : Pour une famille qui ne paye pas d’impôts, et qui peut donc sans doute avoir plus de difficultés à payer des cours, ils pourront obtenir un crédit d’impôts négatif. Cela signifie que lorsque la famille devra déclarer ses revenus, elle recevra de l’argent de la part de l’Etat, ce qui permettra à ce moment de couvrir une partie du prix des cours.