Par Valentin Bosshard 


Mercredi 16 octobre a paru être une journée banale, traditionnelle à Strasbourg. Qu’il s’agisse des tramways suivant avec assiduité leurs chemins de fer, des Strasbourgeois empêtrés dans leurs activités quotidiennes ou des fiers drapeaux européens voguant sur les doux zéphyrs de l’ouest, rien ne semblait sortir de l’ordinaire. Et pourtant, anodine en apparence, cette journée fut le théâtre d’un évènement se voulant d’envergure internationale : la conférence organisée au Parlement européen par l’Organisation des Jeunes pour l’Union Européenne et Africaine (OJUEA).


Une confrontation de points de vue…


Cette conférence bilatérale, qui avait pour objectif d’engager un débat de fond entre des représentants de l’Union Africaine et de l’Union européenne, a soulevé, non sans mal, les questions chères à la coopération euro-africaine. Représentant respectivement le Parlement européen, l’Union Africaine et La République En Marche, M. Martinez-Guillen, M. Ndiaye et M. Anato se sont efforcés, à leur manière, d’exposer les visions de leurs organisations sur ces sujets si délicats.


Et, comme le rappelait M. Martinez-Guillen en guise d’ouverture, c’est bel et bien la jeunesse qui est au cœur des processus africains et européens. C’est donc tout naturellement que cette dernière constitua une base solide, sur laquelle se développèrent les discussions. Entre projets économiques, ambitions politiques et revendications sociales voire libertaires, de nombreuses facettes des relations qu’entretiennent les deux continents furent abordées. Mais le débat a semblé couper court lorsque les questions fâcheuses se sont posées : déficit de démocratie, terrorisme, immigration, tant de sujets dont les solutions semblent toujours inexistantes.
Alors certes, la conférence organisée par l’OJUEA n’a pas eu pour conclusion de déterminer les grandes directives dont nos deux régions ont cruellement besoin, mais elle a le mérite d’avoir engagé un débat sur ce sujet qui est au mieux méconnu, au pire sciemment ignoré. Comme le rappelait M. Ndiaye, les problèmes de l’Europe et de l’Afrique sont éternellement liés, et c’est bien ce que la conférence a mis en exergue, notamment à travers la mention à plusieurs reprises de la diaspora africaine, qui incarne une véritable force économique pour le continent (65 millions d’euros envoyés vers l’Afrique par an).


Au terme de la conférence, les modérateurs ont demandé aux intervenants comment ils caractériseraient les relations bilatérales des deux continents en quelques mots. M. Anato a mentionné le « partenariat et la co-pétitivité », comme on aurait pu s’y attendre d’un député de LREM, tandis que M. Martinez-Guillen, plus rêveur, a préféré « l’espoir ». Ces deux idées, fort ambitieuses, ont bien été résumées par la réponse de M. Ndiaye, qui a évoqué la notion de « communauté de destin ».
Mais peut-on réellement parler d’une communauté entre ces deux continents, là où les fantômes du colonialisme planent toujours sur les économies et juridictions africaines ? Ce genre d’initiative n’aurait-elle pas à terme la vocation d’effacer les exactions que nos gouvernements ont commis outre-méditerranée ? Les fonds débloqués par l’Europe pour son voisin africain ne seraient-ils pas le témoignages d’une volonté de réparer ses fautes passées ?
Ce genre de questions n’a malheureusement pas pu être posé lors du débat, effort diplomatique l’y obligeant. Et c’est là bien dommage, car le néocolonialisme fait toujours rage en ces temps obscurs.


… mais également la première sortie pour Propos de l’année


Sortie au Parlement européen oblige, la conférence était on ne peut plus sérieuse. Mais l’évènement était aussi pour la cigogne de Propos l’occasion de se dégourdir un peu les ailes. Et en tant que première visite officielle de l’année au Parlement européen, notre équipe avait tout préparé avec grand soin : entre les appareils photos, les bloc-notes et les costumes, rien n’était laissé au hasard.
Ce sens du détail était bien évidemment appliqué au matériel, mais également au personnel, puisque nos deux compères de promotion, Pauline et Amélie, usèrent avec efficacité de leurs talents photographique et journalistique pour nous aider dans cette lourde tâche.
C’est ainsi que notre équipe bien rôdée, composée de Louise notre présidente (toujours à l’affût), de Jeanne, notre responsable relations publiques (au professionnalisme sans faille), de nos deux invitées Amélie et Pauline (aux compétences rares) et moi-même, s’en est allée pour une journée qui s’annonçait très intéressante.


A peine arrivé, la tension et l’excitation étaient palpables. Tandis que l’équipe d’organisation peaufinait les badges d’accréditation, les modérateurs répétaient avec acharnement leurs textes et les équipes de communication et de médias sélectionnaient de façon experte les meilleures angles, éclairages et emplacements. Après avoir goûté aux mets de la cantine du Parlement, toute l’équipe s’est préparée à l’évènement de la journée. L’attente fut longue, mais les intervenants prirent finalement place, tout comme les spectateurs.
Une fois la conférence achevée, notre équipe pu enfin accomplir ce pour quoi elle était venue à si grand renfort de matériel : le BUFFET. Non, je parle bien évidemment des interviews des intervenants. Et malgré l’irrespect de certaines personnes se permettant de taper dans le trépied ou passer devant la caméra, personnes dont nous tairons ici le nom, nous réussîmes à filmer les trois intervenants. Impressionnant à premier abord, le fait d’interviewer quelqu’un s’est révélé bien plus accessible que ce que je ne le pensais.
Peut-être était-ce parce que les intervenants étaient si complaisants, mais cette expérience m’a laissé un impérissable souvenir. Entre les débats tumultueux, les séances endiablées de photos et les éclats de rire aux moments les moins opportuns, tout me pousse à vous encourager à participer aux évènements que nous, mais aussi les autres associations, vous proposons, car ce n’est qu’en sortant de sa zone de confort qu’on se réalise pleinement à Sciences Po.