Tout comme la féminité que les femmes trainent tel un poids leur dictant des conduites à suivre, la masculinité colle à la peau des hommes et maintient des comportements dangereux.

La masculinité est l’ensemble des attributs, des rôles et de la place dans la société, que l’on décerne aux hommes, par opposition à la féminité. Ces attributs servent à distinguer les hommes des femmes dans la société. On octroie alors à l’un la force, le courage, la vaillance, la résistance, et à l’autre la douceur, la gentillesse, la délicatesse, la finesse. Je vous laisse deviner quels adjectifs s’attachent à chaque groupe ? Allez, ce n’est pas très dur.

« La violence comme seule façon de s’imposer dans le monde »

Et la masculinité toxique alors, c’est quoi ? C’est un concept popularisé par Amanda Marcotte, blogueuse féministe américaine. Pour elle, c’est “un modèle spécifique de la virilité, orienté vers la domination et le contrôle. C’est une virilité qui perçoit les femmes et personnes LGBT comme inférieures, qui conçoit le sexe comme un acte non pas d’affection mais de domination, et qui valorise la violence comme seule façon de s’imposer dans le monde”. Longue définition pour dire que la masculinité est un attribut social, que l’on colle aux hommes et qui leur dicte une idée de domination, de puissance et de contrôle sur tout ce qui ne leur ressemble pas, c’est-à-dire les femmes, et les hommes qui ne paraissent pas en être, du fait de leur manque de virilité.

Les effets de la masculinité toxique, selon la journaliste américaine Suzannah Weiss, se traduirait par la misogynie, la perpétuation de la culture du viol, l’homophobie et l’encouragement à la violence entre autres. Elle se tourne donc, en premier lieu, vers les femmes et les minorités ne s’identifiant pas dans les hommes virils, masculins en soi.

Mais cette masculinité est aussi toxique pour les hommes. En effet, on les pousse dès leur plus jeune âge à prouver leurs caractéristiques masculines : « montre nous ta force », « ne pleure pas, c’est pour les filles ça » ou encore « pour être un homme il faut baiser »…

« Incels » ou l’apothéose de la masculinité toxique

Ce concept peut être illustré par le groupe des Incels. Si vous ne les connaissez pas encore, ces derniers se sont surnommés les Incels par contraction de “involontary celibate”, « célibataires involontaires » en français. Ils pensent que leur situation de célibat est due aux femmes, qu’ils haïssent de ce fait. Ils préconisent entre autres d’organiser des viols collectifs afin d’asseoir leur domination et de satisfaire leurs pulsions.

Cette vision de la femme peut se traduire également par ce qu’on appelle “l’entitlement” qui part du principe, selon lequel les femmes seraient des objets, servant à appuyer la domination de l’homme. Ces derniers ne peuvent concevoir la femme comme un être humain qui leur est égal. De ce fait, le consentement ne leur effleure même pas l’esprit, puisque la femme qu’ils ont choisie ne peut de toute façon pas refuser leurs avances. Cela mène à des agressions, des viols, des violences et souvent des meurtres. Enfin… peut-on dire qu’on “tue” un objet ? Ahah, pour eux non.

Mais il est où le bonheur, il est où ?

Difficile de parler de bonheur avec cette thématique me direz-vous, mais elle est essentielle à rappeler car des centaines de milliers de femmes à travers le monde en souffrent, et en meurent tous les jours.

Cette contrainte à la masculinité montre que le féminisme est bénéfique à tous et à toutes. L’égalité passe par la réduction et la relativisation des différences ainsi que par une dévalorisation des mythes et des injonctions sociales, que sont la féminité et la masculinité. Le bonheur passe avant tout par l’acceptation de soi par soi-même, mais aussi par les autres.

Imaginons un monde plus ouvert, plus respectueux des différences et qui célèbre la diversité sans injonction à correspondre à quelque modèle que ce soit. Les personnes vivraient alors en accord avec elles-mêmes, et de cette acceptation naît le bonheur. Il est donc primordial de lutter pour plus d’égalité et pour plus de liberté, parce que ne pas être contraint.e, c’est l’une des portes d’accès au bonheur.

 Maureen Morlet pour le Collectif Copines