Le système d’orientation scolaire en France est en permanente mutation. L’année 2018 en particulier, puisqu’elle marque la fin de la plate-forme APB en activité depuis 2009. Une autre la remplace, « Parcoursup », qui par son nom sous-entendrait une simplification du système. Or, il semblerait que la vraie question ne soit pas celle de la plateforme numérique choisie, mais celle de l’orientation elle-même.

 

 

 

Tandis que certaines institutions sont glorifiées et que les classements mondiaux des universités se multiplient, l’horizon de la « réussite » pour les jeunes étudiants du monde entier paraît bien restreint.

 

 

Chaque lycée de France compte parmi ses fonctionnaires un conseiller d’orientation ; pourtant celui-ci ne parviendrait pas au bout d’une entrevue de 15 à 30 minutes à satisfaire le désarroi de certains lycéens. Tandis que certaines institutions sont glorifiées et que les classements mondiaux des universités se multiplient, l’horizon de la « réussite » pour les jeunes étudiants du monde entier paraît bien restreint.

 

Effectivement, chaque année trois classements mondiaux distincts des universités sont réalisés : le classement de Shanghai reste aujourd’hui le plus connu, mais il est suivi de près par le QS et celui du Times Higher Education. Cependant, les critères sur lesquels ces classements sont élaborés devraient être plus importants que le classement lui-même, afin d’élaborer un profil plus précis des universités et ce pour quoi elles devraient primées sur d’autres. Le classement de Shanghai prend en considération quatre critères : la qualité de l’enseignement (illustré par le nombre de prix Nobel parmi les anciens élèves), la qualité de l’institution (illustré par le nombre de prix Nobel parmi les chercheurs), les publications (dans Nature et Science ainsi que dans le Science Citation Index) et la taille de l’institution. Ces critères indiquent donc qu’on accorde une importance capitale aux prix Nobel et que, par conséquent, les universités à prédominance scientifique sont favorisées tout en laissant de côté les universités plus littéraires ou sociales.

 

Ainsi, si ce n’est l’Ecole Normale Supérieure, les grandes écoles françaises ne figurent pas dans le classement ou alors sont très mal classées, comme Polytechnique figurant seulement à la 401e place. Les trois classements sont en définitive très peu différents les uns des autres, les universités en tête de lice sont peu ou prou similaires. Leur prise en considération par les étudiants cependant est discutable, mais il est indéniable que leur importance semble s’accroître d’année en années de par la multiplication des articles les concernant. L’impact réel sur le choix de l’université fait par l’étudiant semble faible. Le classement lui-même pose problème à cause des critères retenus, mais surtout à cause de la différence de fonctionnement du système éducatif entre les pays dans le monde. Par exemple, les universités américaines et anglaises permettent à leurs étudiants de construire leur cursus en choisissant une « major » avec plusieurs options en parallèle. Par conséquent, ils ont un profil beaucoup plus complet que les étudiants français. Néanmoins, une comparaison entre la Sorbonne et Harvard dans ces conditions s’avère quelque peu discutable.

The Times Higher Education, l’un des trois grands classements mondiaux d’universités

 

 

De plus, ces classements mettent totalement de côté d’autres universités, elles aussi compétentes mais inconnues des étudiants. C’est un problème de taille aux États-Unis car les étudiants ne vont pas sur les sites des universités dont ils ne connaissent pas le nom, comme des universités plus modestes ne faisant pas partie de la Ivy League, ce qui rend leur orientation d’autant plus difficile.

 

 

En définitive, les informations concernant l’orientation prolifèrent. Cependant, elles concernent trop souvent les mêmes universités. La multiplication des écoles privées ne favorise pas non plus l’orientation, avec leurs cursus parfois flous et une contribution financière élevée demandée. En attendant, les étudiants français attendent plus de la part de l’Etat avec cette nouvelle plateforme « Parcousup », qui se doit de prendre en considération leur confusion et tenter de simplifier leur choix.