Chers lecteurs,

Nous venons vers vous aujourd’hui parce que nous avons besoin de votre aide. Nous voulons que les inégalités de genre cessent. Il nous est nécessaire que tout le monde soit impliqué dans ce combat pour le changement. Nous ne voulons pas simplement en parler, mais que cela devienne une réalité. Il y a longtemps que nous nous battons pour le féminisme mais nous devons remarquer que sa connotation a changé : il est devenu synonyme de haine envers les hommes. Cette façon de penser doit cesser. Le féminisme, c’est la lutte pour l’égalité des droits entre hommes et femmes, tout aussi bien sur le plan social, économique que politique.

Qu’est-ce qu’être femme en 2017 ? Mais d’ailleurs qu’est-ce qu’une femme ? Sur Terre, la plupart la voit comme un objet, un objet animé, un objet, certes, humain. Les philosophes y verront un objet de réflexion tandis que les scientifiques s’intéresseront à leur objet procréateur. Les écrivains s’inspireront de cet objet poétique quand les religieux dénigrent l’objet du péché. Les hommes la considèreront principalement comme un objet de désir, un simple objet sexuel. L’objet nommé « femme » a traversé les époques sur le fleuve tumultueux de la considération.

La femme, à nos yeux, n’est en aucun cas la négation de l’homme. Elle n’est ni son antonyme, ni son inférieur. Non, la femme n’est en rien le rejet de la société humaine. Elle est sa fondatrice, mère de tous les hommes, déesse légitime de la vie. Les deux sexes n’ont d’autre choix que de cohabiter ensemble, accepter les différences qui les lient et non les dévaloriser.

Ce lien nous rend plus forts, mais surtout, il montre la complémentarité des deux genres, car n’oubliez pas, Messieurs, que cette union est le fondement propre du monde. Il n’y a pas d’hommes sans femmes ni de femmes sans hommes. Alors, pourquoi ces différences, si minimalistes soient elles, doivent-elles conduire à une haine aberrante, s’opposant directement aux théories du fonctionnement de l’univers ? Pourquoi vos Dieux, quelque soit votre croyance, votre culture, votre nationalité, auraient–ils envoyé sur Terre, à la fois hommes et femmes, si c’était pour que l’un brise l’autre ?

Au-delà des frontières, on empêche à la femme d’être femme : les Africains excisent, les Arabes lapident, les Asiatiques la jettent aux ordures dès la naissance pour le seul prétexte qu’elles ne sont pas nées hommes.

On reproche à la femme de naître humaine.

On reproche à la femme de naître égale à l’homme.

On reproche à la femme de ne pas naître inférieure à l’homme.

Car l’homme a peur. Les pouvoirs ancestraux de la femme font d’elle une personne puissante qui s’attire les foudres et la primitive jalousie du mâle, tentant de s’imposer par sa force. Dès la Préhistoire, l’homme avait déjà compris sa supériorité intellectuelle. La domination de la femme est alors devenue une manière de vaincre ce complexe d’infériorité destructeur.

Rendez vos armes Messieurs, la femme possède un droit humain fondamental : celui d’être votre égale.

Le nombre de femmes agressées, battues, séquestrées, violées, tuées augmente de jour en jour. En effet, les femmes subissent de plus en plus la violence des hommes… Il m’est insupportable de constater, qu’il se produit dans le monde plus d’un viol toutes les deux minutes. Le corps de la femme lui est volé. Elle n’est plus maîtresse d’elle-même. Une femme doit pouvoir choisir ce qui la concerne. Il s’agit de la liberté de disposer de sa propre enveloppe corporelle. L’instauration du droit à l’IVG, défendu par les plus grandes figures féminines de l’époque, telles que Simone Veil, est donc primordiale, car on leur refuse aussi souvent l’accès aux soins dans certains pays d’Afrique.

Mais la souffrance féminine n’a malheureusement pas seulement qu’un côté physique.

La domination de la femme se fait également par l’éducation. Nous retiendrons cette phrase d’André Lévy : « Plus la femme est instruite, moins elle est sage. ». Partout, depuis la nuit des temps, l’homme a le pouvoir funeste de décider du destin de la femme. Il lui enseigne ce qu’il veut lui enseigner. Le rôle féminin se limite souvent à la reproduction de la race humaine mais aussi au service de l’homme. Et comme si cela n’était déjà pas assez humiliant, la femme traîne le fardeau de l’image de la beauté stupide. C’est un véritable vol, que de lui prendre son intellect inné en lui fermant les portes de l’enseignement et la laisser ainsi dans l’ignorance !

Mais quand la scolarisation est permise dans le pays, ce sont des agents extérieurs qui lui rappellent son rôle second dans la société. Publicités, films, magazines lui assimilent cette image désobligeante, qu’est devenue celle de la féminité actuelle. L’imagination débordante dont elle est alors dotée, se fait détruire par des codes de beauté que lui imposent les hommes.

C’est la femme qui doit plaire.

C’est l’homme qui choisit.

Contourner les règles à la recherche de la liberté c’est subir, les coups de la discrimination.

Quand une femme réussit, on ne le lui accorde que pour ses charmes. Le talent féminin se retrouve noyé par des visions stéréotypées. C’est pourquoi la mise en place de la parité ne peut être que souhaitable dans la plupart des pays. La femme est trop souvent sous-représentée dans les décisions politiques et économiques du monde.

Nous pensons qu’il est anormal, que pour un même travail, une femme gagne moins qu’un homme.

Nous pensons qu’il est anormal, que pour un même travail, on en demande plus à une femme qu’à un homme.

Nous pensons qu’il est anormal, que pour un même travail, la femme occupe un poste inférieur à celui de l’homme.

Enfin, cette égalité ne peut être qu’un bénéfice considérable pour les Etats. Par leur autonomie au travail, les femmes nourriront une économie éclatante, fortifieront la productivité et bien sûr, la croissance.

Un homme sur deux est une femme. Mais pour le moment, aucun pays, nous le disons bien, aucun pays dans le monde ne peut affirmer avoir établi l’égalité des genres, qui est pourtant un droit humain.

Faites vous entendre, Mesdames !