Home Vie de l'IEP Zoom sur la sélection en master : un phénomène peu connu

Zoom sur la sélection en master : un phénomène peu connu

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Peu d’étudiants de première et de deuxième année savent qu’une sélection est mise en place entre la quatrième et cinquième année. Pourtant, c’est un sujet brûlant pour les étudiants en M2. C’est d’ailleurs une discussion avec plusieurs d’entre eux qui a motivé cet article. Il est vrai que les réformes en cours vont modifier la situation actuelle. Néanmoins, partir de cette dernière permet de mettre en lumière un certain nombre d’interrogations vis-à-vis du processus de sélection en master.

 

Une sélection contestée

A l’IEP, les étudiants en quatrième année doivent candidater à la fin de l’année pour une liste de master de leur choix. Ils font donc des vœux comme les 2A pour leur 3A. Jusqu’à présent, les étudiants devaient adresser leur dossier de candidature aux directeurs de master. Ceux-ci recevaient à la fois ceux des étudiants du diplôme, des étudiants des autres IEP ainsi que des étudiants du M1 (qui arrivent à l’IEP de Strasbourg en quatrième année).

En principe, la sélection est interdite entre la première et seconde année de master (sauf quelques exceptions mentionnées par décret). Néanmoins, les directeurs de master ont le droit de vérifier la compatibilité entre la formation suivie en M1 et le master 2 demandé. Le but est d’éviter que des étudiants en Lettres se retrouvent dans un master 2 Génie industriel. Cela s’opère par le biais « prérequis », une notion vaste.

Cette forme de sélection paraît logique. Dans les faits, cela est plus compliqué. Les étudiants en quatrième et même en cinquième année ont du mal à saisir à quoi les prérequis correspondent. D’autant plus que certains se sont vus refuser leur entrée en cinquième année à Sciences Po Strasbourg pour « manque de prérequis européen » après une 4A Etudes Européenne et Internationales à… Sciences Po Strasbourg ! Les stages semblent être tout autant – voire plus – valorisés que les notes obtenues, selon les étudiants en 5A.

D’autre part, on note que dans la plupart des masters il y a environ un tiers d’étudiants du diplôme, un tiers d’anciens M1 et un tiers d’étudiants venus d’autres IEP. Beaucoup de places étant prises par d’autres étudiants, une part de ceux du diplôme n’obtiennent pas le master qu’ils souhaitaient ou sont forcés de partir en mutualisation dans d’autres IEP, ou encore à l’Université de Strasbourg.

En effet, ces deux dernières options, ajoutées à celle de choisir un master à l’IEP de Strasbourg sont les seules qui s’offrent à l’étudiant de quatrième année pour valider son Diplôme. S’il décide par exemple de faire un master dans une Fac à Lyon, il ne validera pas son diplôme de Sciences Po Strasbourg. Il est regrettable de ne pas avoir la possibilité de faire un Master 2 dans n’importe quelle école ou faculté. Ce choix de liberté a d’ailleurs été fait par plusieurs IEP dont celui d’Aix.

 

 

Repenser le Master 2 ?

Plusieurs étudiants de cinquième année, contactés dans le cadre de cet article, ont exprimé leur volonté de « repenser le M2 ». Ils souhaiteraient avoir la possibilité de faire le M2 de leur choix, et de ne pas être obligés de se restreindre aux IEP et à l’Université de Strasbourg. Une mesure dans ce sens permettrait d’avoir moins de demande sur chaque master de l’IEP notamment. Ainsi, chacun aurait la possibilité de se diriger vers le master de son choix, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. En effet, certains d’entre eux disent avoir accepté une formation par défaut et n’en sont pas ravis. Néanmoins, il faut reconnaitre que nombre d’étudiants partis en mutualisation ou ayant accepté un vœu en traînant les talons sont au final satisfaits de leur master. On ne peut généraliser un mécontentement vis-à-vis de la formation délivrée en cinquième année.

Par ailleurs, si l’étudiant est refusé par tous les masters à l’issue de la procédure de sélection, il y a une commission de réaffectation qui le positionnera dans l’un des masters de ses vœux. Cependant, n’ayant pas été accepté par le directeur du master, il ne sera pas diplômé du M2, seulement de Sciences Po Strasbourg. Pourtant, il devra valider son année et obtenir ses crédits de la même façon que les étudiants avec lui dans le master.

 

 

Quelles évolutions à prévoir ?

Les 5A soulignent par ailleurs le manque d’information au sujet de la sélection et de ses conditions. Les changements récents et à venir ne facilitent pas le partage d’information entre les promotions. La dernière réforme déplace la sélection du passage de la licence au master, en université. Cependant, l’IEP ne reconnaissant pas le grade de licence ou de master 1 à ses étudiants, de telles réformes, qui sont adressées aux universités, doivent être adaptées au cas particulier de Sciences Po. Par exemple, les étudiants en M1 auront désormais leur place de droit dans un M2, ce qui n’est pas le cas des étudiants de 4A. Conscients d’une possible discrimination, les membres du Conseil d’Administration ont mis en place un « dispositif provisoire » le temps de mettre en place la mastérisation de la quatrième année du diplôme. Celui-ci permet plus ou moins de faire disparaitre l’inégalité avec les étudiants à l’université.

A la lecture des procès-verbaux du Conseil d’Administration, nous constatons que les débats autour de ce thème sont récurrents. Ils ne sont pas tous clos. Une réflexion large doit effectivement être menée et elle doit garantir les meilleures conditions de réussite aux étudiants.

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