Home Actualités Société Nombrilisme ou amnésisme?

Nombrilisme ou amnésisme?

Nombrilisme ou amnésisme?

C’est la différence de malheureuses victimes entre les attentats du 13 novembre 2015, du 22 mars 2016 à Bruxelles et du 14 juillet 2016 réunis et le seul attentat du 14 octobre dernier à Mogadiscio (capitale somalienne). L’attentats à l’explosif s’ajoute à la longue liste de massacres à travers le monde.

 

L’attentat de Mogadiscio a fait 358 victimes. – Crédit : REUTERS/FEISAL OMAR

 

Mais cette fois-ci pas de « Pray for Mogadiscio », ni de minute de silence, ni de couleurs somaliennes sur les bâtiments occidentaux. Où est donc passé le prétendu universalisme solidaire contre la barbarie terroriste scandé lors des manifestations parisiennes ? Tant d’attentats ne nous ont-ils pas suffit à comprendre le traumatisme que cela représente ? Avons nous oublié les traumatismes vécus ?

 

Où est donc passé le prétendu universalisme solidaire contre la barbarie terroriste scandé lors des manifestations parisiennes ?

 

D’aucuns pourrait arguer que ce silence abasourdissant viendrait de l’effet « mort au kilomètre » et que ce qui se passe loin captive moins. Les chiffres avancés en début d’article défont cet argument.

D’autres diront que la Somalie étant un pays très instable au même titre qu’une bonne partie de l’Afrique, rien d’étonnant à ce qu’un attentat arrive. Pourtant c’est le premier frappant la Somalie et quand bien même cela ne serait pas le cas, cela serait manquer de respect aux victimes.

Mais ce dernier argument tient tout de même une part de l’explication. Il reflète en réalité un désintérêt et une caricaturalisation qu’il ne faut pas hésiter d’appeler paternaliste. En effet la Somalie connaissait depuis peu une certaine accalmie appelée « Printemps somalien » bien éloigné des printemps arabes au résultat décevant. Notre perception de l’Afrique subsaharienne et surtout de la corne africaine nous pousserait donc à une normalisation de l’horreur.
Pourquoi paternalisme ? Car de manifestation massive de solidarité avec un pays touché par un attentat, l’Occident n’en a eu que pour… l’Occident lui-même. Qui se souvient d’une manifestation pour Moscou en 2010 ou pour Gwoza en 2014 (600 morts causés par un attentat commis par Boko Haram) ?

 

Notre perception de l’Afrique subsaharienne et surtout de la corne africaine nous pousserait donc à une normalisation de l’horreur.

 

Ainsi, le silence que l’on donne à entendre aux Somaliens est une bien piètre représentation des valeurs dont se targue la France et les « héritiers des Lumières » et deux choix s’offre à nous.
Continuer dans notre silence mais ne pas exiger autre chose des autres nations ce qui ne serait pas un acte de pudeur mais de mutisme habitué face à l’ignoble, soit – et cela semble préférable – adapté notre regard à la hauteur des valeurs que nous prétendons soutenir et soutenir réellement le monde entier contre une horreur dont l’Occident est en partie responsable.

 

 

Comments are closed.