Que tu sois marseillais, toulousain, lillois, parisien, lyonnais ou simplement originaire de la « France de l’intérieur », tu es arrivé il y a quelques semaines avec ta valise de rêves et de doudounes, mais surtout accompagné de ton stock de bons gros clichés… Il est d’ores et déjà l’heure de faire le point.

 

 

  1. Non, le strasbourgeois n’est pas allemand.

As-tu déjà vu un strasbourgeois vêtu de chaussettes et sandalettes ? Non. Commençons par le commencement. Il n’y a pas – ou plus –  en Alsace de « sentiment d’identité allemande » (ou peut-être concerne-t-il seulement nos grands-parents, voire même arrière-grands-parents). Mis à part les noms des villages alsaciens, des spécialités alsaciennes ou de certains restaurants typiques, un strasbourgeois reste un FRANÇAIS. Croyez-le ou non. D’ailleurs, il est courant que le strasbourgeois ait préféré prendre espagnol LV2 plutôt que la langue de Goethe.

 

  1. Oui, le strasbourgeois raffole de la tarte flambée.

Le strasbourgeois l’avoue, il ne se lassera jamais de sa flammekueche gratinée, un soir d’hiver, dans le caveau d’une Winstub – brasserie traditionnelle – avec, pour couronner le tout, la petite tarte aux pommes des familles flambée au schnaps en dessert (seuls les vrais savent. Pour les autres, à tester absolument).

 

  1. Non, le strasbourgeois n’a pas droit à sa dose quotidienne de choucroute.

Non, non et encore non. Un bon burger comme on les aime vaut mieux que toutes les choucroutes du monde. À la limite, il se peut que le strasbourgeois expérimente la choucroute 1 voire 2 fois par an, sur un malentendu, lors d’un repas de famille par exemple. Mais croyez-le ou non, le strasbourgeois ne s’en réjouit que très peu. Ou pas du tout.

 

  1. Oui, le strasbourgeois fait ses courses en Allemagne.

Le constat est clair : un aller-retour en vélo (oui, je sais, le pont est bien trop pentu mais c’est pour la bonne cause) ou en tram (grâce à la nouvelle extension de la ligne D) ne pourra qu’être bénéfique à ton porte-monnaie. Produits de beauté, fruits, légumes, épicerie : le strasbourgeois trouve toujours son bonheur à des prix imbattables de l’autre côté du Rhin.

 

  1. Oui, le strasbourgeois a déjà vu le soleil.

À tous ces sudistes se plaignant chaque jour du manque de luminosité, de chaleur, de soleil. À  tous ces sudistes qui, dès que l’hiver viendra, se plaindront des doudounes, des gants, des bonnets. À tous ces sudistes qui ont choisi le nord, il est temps purement et simplement d’assumer. (Et le pire dans tout ça, c’est qu’ils ont mis Lille en 1er vœu).

 

  1. Oui, le strasbourgeois fait du vélo.

Strasbourg est en tête du peloton national et s’est hissé à la quatrième place des cités les plus cyclables du monde, rien que ça. Car tout bon strasbourgeois qui se respecte arpente les ruelles à vélo. Je dis bien vélo, et non pas Vélhop (ces vieilles bécanes vert fluo qui pèsent des tonnes et n’avancent pas). Pourquoi ? 2 raisons : le tram, c’est une plaie, et les pistes cyclables, il y en a (quasiment) partout. 2 impératifs : les gants en hiver et le cadenas SOLIDE pour éviter les mauvaises surprises. Des bourses au vélo sont régulièrement organisées, histoire de s’offrir un cadeau vintage et écologique à 70€.

 

  1. Oui, le strasbourgeois attend Noël toute l’année (enfin ça dépend).

Dès fin novembre viendra le temps des rires, des chants, des sapins et du vin chaud. Strasbourg revêtira alors son manteau de Noël et tu te devras, de faire un tour au bon vieux Christkindelsmarik. Sauf que le strasbourgeois, bien qu’il vous dira que sa ville EST la ville de Noël, ne cessera de râler (ça, c’est une de ses spécialités) à propos des touristes en extase devant chaque boutique de souvenirs, des trams blindax, des rues barrées à la circulation, des bouchons et des odeurs de crêpes au Nutella quand il ne te reste dans ton porte-monnaie que de quoi t’acheter un café-noisette à la cafet. Ouais, la vie de strasbourgeois, ça n’est pas toujours facile.

 

  1. Oui, le strasbourgeois maîtrise un dialecte quelque peu étrange.

« Spritz », « schluk »,  « bredele », « schlåpe »… tous ces sons appartiennent à ce langage codé que tu maîtriseras parfaitement d’ici 5 ans. En attendant, des cours de phonétique sont donnés gratuitement (et plusieurs fois par jour, si tu as de la chance) dans le tram : pour cela, il te suffit de tomber sur 2 grands-mères en plein récit de leur excursion d’hier à la pharmacie. Hop, le tour est joué, et bès morje.