Parmi les titres qui vous ont fait danser tout l’été (ou presque), on retrouve une association étonnante entre le DJ Robin Schulz et le chanteur britannique James Blunt au titre simple : « OK ». Un pari réussi puisque la vidéo cumule aujourd’hui plus de 60 millions de vues sur internet. Mais ce saut vers l’électronique n’est pas une tentative isolée de la part du guitariste anglais. En effet, celui-ci a également sorti cette année un album résolument plus « fun ».

La voix caractéristique de James Blunt s’entend donc souvent à la radio en ce moment. Il est possible que cela continue puisque son dernier album correspond aux standards du moment : des rythmes électro et des titres qui tranchent avec ce qu’il faisait jusqu’ici. Critiqué pour son côté « ennuyeux » par ses détracteurs, James Blunt avait décidé de changer et souhaitait re-dynamiser son image.

I wanted to do something new, something fresh, something fun!” – James Blunt

Le défi est relevé pour Blunt avec « The Afterlove ». Il s’agit de son 5ème album studio pour lequel l’artiste a travaillé avec de grands noms de la production et de l’écriture. Parmi eux, celui qu’on ne présente plus cette année, Ed Sheeran, mais aussi Ryan Tedder (One Republic), Amy Wadge (Ed Sheeran, Shannon Saunders), Johnny McDaid (Example, Biffy Clyro), Stephan Moccio (Miley Cyrus, The Weeknd) ou encore MoZella (Miley Cyrus, One Direction). Ce nouvel album surprend sans doute un peu les fans de la première heure du britannique, même si finalement James Blunt reste bien le même.

La musique de James Blunt se danse aussi

Le chanteur explique avoir voulu quelque chose de nouveau pour cet album: « I didn’t want to repeat myself, I wanted to do something new, something fresh, something fun! ». Ce pari s’illustre notamment par le titre “Lose My Number” ou le déroutant « California » et surtout par le dynamitant « Bartender ». Des airs dansants s’échappent de ces basses simples mais néanmoins bien trouvées et la chanson « Love Me Better » qui ouvre l’album s’impose comme un probable tube radiophonique. C’est plutôt commercial mais c’est tout à fait ce qui marche actuellement et James Blunt rentre dans les critères tout en conservant toutefois son originalité. « Would have said « you’re beautiful » but i used that line before »…seul lui pouvait rajouter cette touche d’humour et d’autodérision dans ses paroles (en référence à son single majeur, “You’re Beautiful” datant de 2005).

Il a changé…en partie

Il voulait cet album différent des précédents et a réussi à obtenir des arrangements qui correspondent aux sons diffusés actuellement. Mais n’a cependant pas tout bouleversé pour autant. James Blunt garde aussi les recettes qui ont mené à sa réussite par le passé. Petites mélodies et accords de guitares bien placés sont là pour accompagner sa voix particulière. Le titre « Don’t Give Me Those Eyes » est beau, composé pour sa voix unique et ravira les romantiques. En outre, « Someone Singing Along » ou « Make Me Better » s’assimilent aux ballades qu’il a déjà composé par le passé.

Enfin le très beau titre « Time Of Our Lives » est une des forces de l’album. Pas de tons électro ici, simplement sa voix, sa guitare, une batterie et une chanson construite sur un beau crescendo. James Blunt a pris un virage plus électro, mais il a conservé ce qui l’avait conduit à un premier succès. D’autre part, ceux avec qui il a collaboré, ont su trouver comment exploiter le potentiel de sa voix. Une voix identifiable en un instant : James Blunt restera toujours James Blunt, que ses fans se rassurent.

Il a osé tenter autre chose

Alors certes, l’image du guitariste a été écornée par le passé et il reste pour certains « une source d’ennui » potentielle. Sa fameuse voix peut toujours surprendre certains et ses paroles peuvent – à juste titre parfois – se voir reprocher un manque de recherche et de profondeur. Néanmoins, James Blunt offre une nouvelle touche à sa palette de couleurs. La chanson « Paradise » possède par exemple un rythme entraînant alors que les envolées lyriques de « Courtney’s Song » sont apaisantes.  Le dernier titre de l’album, « Over » est également assez convainquant.

James Blunt souhaitait redynamiser son image, c’est donc au final plutôt réussi. Certes on peut toujours critiquer certaines longueurs dans ce disque, ou encore d’avoir opté pour un style commercial. Cependant, l’ensemble tient la route et s’écoute bien. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir essayé ! Au final, le mieux reste encore de vous faire un avis vous-même. Ce qui est sûr, c’est qu’après le succès du titre « OK », déjà devenu une référence, Blunt risque de revenir dans le domaine électronique assez vite…