Ils enflamment le show de Jimmy Fallon, interprètent Uptown Funk avec brio à la cérémonie des Emmy Awards, tous les plateaux télés américains se les arrachent. Finn Wolfhard, Gaten Matarazzo, Caleb McLaughlin, Noah Schnapp et Millie Bobby Brown sont les enfants stars de la nouvelle série Netflix créée par les frères Duffer : Stranger Thing. Sans doute en avez-vous entendu parler, tant ses huit épisodes ont ravi la critique et le public. Dans cet article, pas d’intention de vous spoiler mais plutôt celle de vous faire découvrir cette grande surprise de 2016 ou, pour ceux qui hésitaient encore, de vous encourager à vous plonger dès que possible dans Stranger Things. Mais avant tout, un rapide résumé.

L’histoire commence dans une ville de l’Indiana qui sent bon les années 80. Après une partie de « Dungeons a,d Dragons » endiablée, quatre jeunes garçons rentrent chez eux à vélo. L’un d’eux, Will Byers, disparaît avant d’arriver à son domicile, sans laisser aucune trace. Les recherchent débutent, menées par le shérif de la ville Jim Hopper, alors que la mère de Will vit très mal la disparition de son fils. Quant aux trois garçons restants, ils décident de partir eux-mêmes à la recherche de leur ami et découvrent dans la forêt une fille étrange qui dit s’appeler « Eleven ». A partir de cet instant, des choses étranges surviennent en ville et les regards se tournent rapidement vers l’obscure Laboratoire national d’Hawkins. Quel lien y a-t-il entre ce laboratoire, la mystérieuse Eleven et la disparition de Will ?

Dévoiler un peu plus de l’intrigue manquerait de vous gâcher de nombreuses surprises et je n’irai donc pas plus loin. Le scénario et l’écriture des frères Duffer sont indéniablement des grands points forts de la série et jouent beaucoup sur la surprise ou l’étonnement du public. C’est pourquoi elles ne seront pas l’objet de cette critique. Mais alors, pourquoi regarder Stranger Things ?

Si la série s’est fait connaître à ses débuts c’est d’abord comme un hommage aux années 80. De nombreux éléments réveillent la nostalgie de cette époque : les parties de « Dungeons et Dragons », les gadgets des enfants (comme le talkie-walkie), leurs balades en vélo,… Evoquons aussi la bande-son qui est ponctuée de nombreuses musiques des années 80 qui viennent rythmer les épisodes. Citons les tubes de The Clash, Jefferson Airplane ou encore Corey Hart. Etant donné le travail de reconstitution de la série, pas besoin d’être né dans les années 80 pour apprécier cette ambiance très crédible. Là où la série rend un hommage exceptionnel aux années 80 c’est aussi dans son esthétique et son ambiance. Si vous avez vu E.T L’extraterreste, Les Goonies ou encore Rencontre du 3ème type, vous ne manquerez pas les références nombreuses de la série à ces monuments du cinéma des années 80. Certaines scènes font ainsi clairement références aux films de Spielberg, parfois plan par plan. C’est le cas avec les nombreuses scènes où les enfants sont à vélo, un clin d’œil manifeste à ET.
Ce que la série emprunte à ET ou aux Goonies c’est aussi leur thème commun. En effet Stranger Things traverse différents genre de séries : fantastique, policière, horrifique… . Pourtant s’il fallait en choisir un seul ce serait celui de film d’enfants. Pas pour enfants, mais une série qui raconte les aventures extraordinaires de jeunes amis qui découvrent la vie et qui souvent s’opposent à des adultes. Ce choix donne une ambiance très particulière à la série, ambiance qui évoque à la fois les années 80 et ses films de groupe de copains mais qui propose aussi un genre assez neuf dans l’univers des séries contemporaines.

Stranger Things ne se contente pas pour autant d’attiser la nostalgie sans proposer du neuf. Le plus bel exemple en est sans doute la musique. Le thème principal, composée par Kyle Dixon et Michael Stein du groupe Survive est particulièrement marquant. Leurs synthés proposent un thème obsédant et angoissant qui vous donnera envie de revoir le générique d’introduction (un modèle de sobriété) en boucle.

Mais la vrai raison du succès de la série tient sans aucun doute ses acteurs. Si le shérif (David Harbour) ou Joy la mère de Will (Winona Ryder, son grand retour !) sont exceptionnels et particulièrement attachants, ce sont les enfants qui se démarquent le plus. Jamais on n’a vu d’acteurs aussi jeunes et aussi convaincants depuis Haley Joel Osment dans 6ème sens (et encore, ici les enfants sont capables d’un jeu bien plus varié que ce dernier). On a affaire à de vrais acteurs et non à des enfants issus de la pub : pas de regards caméras, pas de faux sourires, pas de sur-jeu agaçant. C’est ce qui permet de vraiment rentrer dans l’histoire, de s’identifier à ces personnages plus jeunes et de conserver un propos adulte dans la série alors même que l’on suit les aventures d’enfants. Mention spéciale à Millie Bobby Brown qui incarne Eleven et qui est tout simplement incroyable dans ce rôle. Elle propose un jeu à la fois très enfantin quand son personnage semble perdu mais elle sait opposer un visage profondément adulte et grave lors de scènes plus dramatiques. Et puis elle a acceptée d’être rasée pour le rôle, respect. Alors que trop souvent les enfants stars ont disparu du devant de la scène en grandissant (c’est le cas d’Osment qui avait pourtant connu le succès avec 6ème sens et A.I), gageons que Millie Brown et ses amis seront de futurs grands acteurs. On aurait aimé les voir récompensés pour leur talent mais lors des Emmy Awards, la série était trop jeune pour remporter des prix. Les enfants ont toutefois fait le show en dansant face à la salle sur Uptown Funk (et en terminant sur un magnifique dab).

Quant à la série, elle s’est terminée sur de nombreuses questions restées en suspens. Ici, pas de « cliffhanger putassier » à la The Walking Dead (Saison 6), plutôt des ouvertures vers un récit voué à s’épanouir. Les frères Duffer ont comparé leur œuvre aux films Harry Potter. Sans prétention mais simplement pour signifier que l’histoire de la série est appelée à se développer au rythme où ses acteurs grandissent (comme ce fut le cas avec la saga Harry Potter).
Il faut croire que le projet des Duffer plaît, puisque Netflix a d’ores et déjà annoncé une suite pour Stranger Things, prévue pour 2017. Espérons qu’elle sera à la hauteur et qu’elle récompensera l’impatience des nombreuses personnes déjà fans de cette série. J’espère également que cette courte critique, sans vous exposez l’histoire plus que le stricte nécessaire, aura su vous convaincre de vous lancer dans Stranger Things. Vous ne serez pas déçu et puis les partiels sont encore loin : alors foncez !

Von Schtemler