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Jeux Olympiques : l’heure du bilan

Jeux Olympiques : l’heure du bilan

En attendant le retour tant attendu de la Strohteam à la rentrée, c’est une autre Strohteam, celle de France, qui a brillé durant plus de quinze jours sous les yeux du Corcovado. Les Jeux désormais terminés, il est temps de faire le bilan.

Outre les Phelps, Bolt ou encore Biles, véritables ovnis parmi les milliers de sportifs engagés lors de ces Jeux, la délégation française a fait moins d’émules à l’internationale. Qu’importe, le bilan n’a jamais été aussi copieux que lors de cette olympiade. Quarante-deux médailles. Du jamais vu depuis l’après Seconde Guerre mondiale. Si certains ont déçu, d’autres ont su se sublimer et c’est peut-être pas plus mal au vu de la surmédiatisation des meilleurs tricolores avant les Jeux, surmédiatisation qui en a fait craquer plus d’un tandis que d’autres en ont profité pour passer de l’ombre à la lumière. Retour sur les coups de coeur, les déceptions, les belles surprises que seuls les Jeux peuvent offrir.

Les déceptions

Autant garder le meilleur pour la fin. Bien que le record de breloques ait été battu au finish, cela n’enlève rien aux déboires qu’ont connu nos plus brillants représentants. Plus active dans les zones de presse auprès de Nelson que dans les bassins, la natation française n’avait plus autant déçu depuis bien longtemps. Même Manaudou a failli à conserver son titre dans les tourmentes de cette vague négative. Cependant, pour le cas de Manaudou comme pour les Experts en handball d’ailleurs, parler de déception est un peu prématuré. Certes le titre n’y est pas mais comment savoir garder la motivation quand la domination est totale dans sa discipline. Comment savoir apprécier ce bonheur unique de voir son nom affiché tout en haut des panneaux d’affichage quand on ne sait plus ce que cela fait de perdre, de se remettre en question. Pour ces deux cas, certes l’argent ne fera pas le bonheur des concernés mais cet échec servira de fondation pour retrouver ce surplus de motivation qui fait la différence lors des grandes finales.

En ce qui concerne les autres déceptions, le tennis français, ambitieux à l’aube de l’olympiade brésilienne, a vu ses plus belles chances de médaille partir en fumée d’entrée. Même son de cloche pour le cyclisme tricolore qui doit se contenter d’une morne médaille de bronze en vitesse par équipe, les vététistes et les pistards n’ayant su répondre aux attentes. Sans ces contre-performances, le bilan français aurait pu être plus fameux encore que ce qu’il est mais cela fait partie du lot de surprises, bonnes ou mauvaises, que peuvent réserver les Jeux.

Les valeurs sûres

Avant les Jeux, on s’imagine toujours tous qu’être tenant du titre, champion du monde en titre, vainqueur de X compétition dans son sport est un gage d’or olympique pour nos meilleurs représentants. Les médias sont les premiers à les ériger sur un piédestal avant même le début des hostilités et certains sont les premiers à les critiquer dès lors qu’ils ne ramènent pas le métal espéré. Malgré tout, cela n’a pas empêché nos plus belles chances de médailles de les concrétiser en or le jour J. En premier lieu, Teddy Riner n’a pas eu besoin de forcer sa nature pour glaner son deuxième titre olympique de suite et l’ensemble du judo français a tenu son rang de pourvoyeurs de médailles avec un second titre décroché par Andéol sur lequel on reviendra.

De tous les boxeurs, Tony Yoka était le plus attendu. Champion du monde en titre, il fait partie de ces exemples cités plus haut en termes d’attente médiatique. Heureusement pour lui, une part de pression a sans douté été enlevée par les performances exceptionnelles d’une équipe soudée autour d’un nom, Alexis Vastine, passé en une olympiade d’un martyre de l’olympisme à une figure magnifiée qui a permis à ses successeurs de réussir là où on l’a privé de la gloire qu’il méritait.

Enfin, il faut rendre hommage à tous ces potentiels médaillés, connus ou non, qui ont su transformer leur potentiel en un métal quel qu’il soit au bon moment. C’est le cas de Lavillenie qui, mine de rien, a passé 5m98 et a seulement buté sur meilleur que lui. C’est aussi le cas de sportifs moins exposés tels que Charline Picon en voile, Haby Niaré en taekwondo ou encore Mélina Robert-Michon en lancer du disque. Des exemples qui ne recherchent pas la gloire pour elle-même mais qui préfèrent ce bonheur simple de se retrouver, pour une unique fois dans leur vie sûrement, dans la lumière l’espace d’un bref instant avant que la plupart des Français oublient leur nom quelques années plus tard.

Les belles surprises

Elles sont si nombreuses qu’elles ont pu nous redonner le sourire quand tout nous paraissait compromis pour le camp tricolore. Et c’est souvent ces médailles « venues d’ailleurs » qui nous procurent finalement le plus de plaisir. Parce qu’on ne les attendait pas. Parce que tout le monde les avait enterrés parfois aussi. C’est le cas de Christophe Lemaitre qui, après des années de galère, a bizarrement retrouvé tous ses fans de la première heure. Ok il zozote, ok il n’a pas eu la carrière qu’on lui prédestinait mais quel plaisir de le retrouver à ce moment là sur un podium olympique. Il est un peu le symbole de la renaissance de l’athlétisme français, auteur de performances exceptionnelles à l’instar de Kévin Mayer qui a tutoyé les sommets et charmé plus d’une fille devant son écran de télévision (vous croyez qu’on ne le sait pas ?).

Même stupéfaction quand l’équitation française s’est hissée au sommet. Tout d’un coup les petits commentaires du genre « c’est pas un sport l’équitation » ou encore les « c’est le cheval qui fait tout » ont laissé place aux « vous êtes la fierté de la France » dès lors que les cavaliers français ont débloqué le compteur lors de la première semaine. Belle hypocrisie au passage.

Les plus belles images

Elles sont nombreuses et, à chaud, se mélangent sûrement encore dans nos esprits. Mais les larmes sincères d’Émilie Andéol, que personne ne voyait triompher, tout comme celles de Charline Picon ont pu émouvoir. Même émotion en voyant le couple le plus heureux de France actuellement, Tony Yoka et Estelle Moselly, se prendre dans les bras à l’issue de leurs exploits respectifs. De quoi finir les Jeux en beauté.

Mais le sport ne se résume pas aux succès. L’exploit ne se situe pas que dans le fait de décrocher une médaille. Yohann Diniz en est la principale incarnation. Le voir terminer son 50km marche après avoir chuté à maintes reprises, restera l’un des grands moments de la quinzaine tricolore. Une belle métaphore qui montre aussi que le sport, c’est aussi l’école de la vie. On chute, on se relève, on se déçoit, on déçoit les autres, on apprend à perdre pour mieux rebondir et pour préparer les succès à venir. Parce qu’on a vibré durant ces Jeux. Des journées noires aux journées de rêve ponctuées par cinq ou six médailles, on a vibré. Des moments de déception après la finale des Experts à la finale de boxe de Tony Yoka, on a vibré. C’est aussi ça la magie du sport. Tout n’est pas parfait mais qu’importe, le doux souvenir des succès n’en est que plus beau.

Martine