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Le tennis c’est fantastique

Le tennis c’est fantastique
Roger Federer te veut dans son équipe
Roger Federer te veut dans son équipe

Merci maman, merci papa, de m’avoir permis d’être là. Un dernier coup droit expédié « baduf »  sur un retour en cloche de votre adversaire et c’est fini. En vous dirigeant pour lui serrer la main – en prenant bien soin de cracher dans la vôtre avant – vous vous demandez comment vous avez pu perdre en 3h contre une limace pareille. En vous traînant vers votre sac que vous avez pris soin de défoncer au passage, vous vous posez la question : « comment j’ai  bien pu me mettre à ce sport de tarés ? ».

Pourtant tout avait si bien commencé. C’est votre premier tour et vous êtes arrivés sur le terrain superbement remis du passage aux urgences de la veille. Vous voyez votre adversaire, un mec qui ressemble à rien, et vous vous dites « okay ça va être rapide j’aurais le temps de récupérer pour le prochain match ». Pas de problèmes à l’échauffement, vous sentez bien la balle alors que votre probable faire-valoir n’en met pas une dedans. Vous vous permettez même quelques folies à la volée, vous prenant pour Rodgeur. Votre service claque  bien et vous vous dirigez vers votre chaise, pensant que vous aurez le temps de rentrer chez vous à temps pour Money Drop.

Eh ouais je peux jouer dans n'importe quels vêtements
Eh ouais je peux jouer dans n’importe quels vêtements

Pourtant vous n’avez pas remarqué les signes avant-coureurs. Votre adversaire a commencé son échauffement par trois tours de terrain, a fait corde à sauter et s’est étiré. Il a préparé ses bouteilles Powerade, ses barres énergétiques et a sorti sa raquette gros tamis, spécial limeur. Vous l’avez regardé mais vous n’avez rien vu.

Le match commence. Dès le premier point vous comprenez que c’est parti pour durer et que votre copine va très probablement encore une fois vous faire la gueule. Le mec en face alterne cloches frôlant l’éther et chops rasant la terre. Vous en chiez – bien évidemment –  et vous perdez le premier set, continuant sans relâche de développer votre beau jeu, fait de coups droits bien propres – avec la boucle –, de revers bien lâchés – avec le mouvement du poignet –  et de montées à la volée. Au début du deuxième vous vous dites que ça ne peut plus durer et qu’il va voir de quel bois vous vous chauffez. Bien entendu, vu que vous êtes trop fort, vous lui collez un bon 6/1 des familles. Revenant à votre chaise le sourire du Joker accroché au visage, vous jubilez en pensant lui mettre le même tarif au dernier.

Joker/Batman... Okay je m'en vais
Joker/Batman… Okay je m’en vais

Sauf que non. La bière d’hier vous remonte dans les jambes et le manque d’échauffement est fatal à votre jeu. Vous n’avancez plus dans la balle, l’autre est sur tout et vous sentez que vous allez devoir vous inscrire sur Adopte un Tennisman. Parce que oui, tant pis pour votre moitié, la fierté vous empêche de lâcher le match. Faut pas déconner non plus. Donc vous vous mettez à jouer comme lui. Le juge arbitre vient vous voir après 45 minutes après le début du troisième et remarque avec effroi que vous êtes à 2-2, lui bousillant toute sa programmation. Qu’importe vous serrez les dents et ne lâchez rien. Bonheur ! Il fait enfin une faute à 6-5 pour vous et vous donne une balle de match. Bien entendu vous tentez service-volée. Bien entendu vous le foirez. Nouvelle balle de match, allez cette fois on se la joue sobre. Vous ne pouvez résister à tenter un coup droit gagnant que vous envoyez dans la bâche. Vous perdez votre service, ce qui vous amène au tie-break. Et là l’autre commence à jouer le feu. Il monte au filet et sort des volées incroyables. Comme il ne rate rien du fond vous êtes coincés et vous perdez lamentablement sept points à deux.

Maintenant vous êtes au bar, parce que perdre 7-6 au troisième vous a donné l’envie suprême d’aller lui faire dépenser 3€ pour un Picon-bière – « vaincre la binouze par la binouze » -Smoag. D’un naturel confondant, votre adversaire vous explique que d’habitude il ne joue pas comme ça mais aujourd’hui il ne sentait pas ses frappes et il a préféré remettre la balle dans le court. Qui plus est dégoûté d’avoir dépensé 18€ pour perdre contre cette tanche, vous partez rapidement, rentrez chez vous, vous engueulez avec votre copine et sous la douche vous vous dîtes que vous allez arrêter ce sport de merde. Le lendemain pourtant, vous êtes le premier à l’entraînement.

Parce que le tennis reste quand même source d'amusement.
Parce que le tennis reste quand même source d’amusement.