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Celtics mes amours

Celtics mes amours

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Alors que j’étais encore petit et innocent (comprenez l’année 2008), je suis tombé sur un match de basket diffusé – c’était plutôt rare à l’époque – à une heure raisonnable. J’avais toujours apprécié le basket mais ce que je vis ce jour-là me le fit définitivement aimer. Une équipe avec des maillots verts, sur un vieux parquet en bois, avec une ambiance de folie alors que c’était juste un simple match de saison régulière. De l’envie, de la sueur, une défense de fer. Coup de foudre immédiat. Dès lors je me suis mis à apprendre l’histoire des Celtics, à aimer détester les Lakers et tomber en adoration devant Larry Bird, le blanc qui ne savait pas sauter. J’ai suivis tous leurs résultats, regardant les résumés le lendemain des matchs, visionnant les matchs lorsqu’ils étaient disponibles en France (oui je ne connaissais pas encore TPB). Les batailles de folie menées en playoffs, le duel Pierce-LeBron, puis Pierce-Bryant, du bonheur pour les yeux et une douce mélodie pour les oreilles avec l’ambiance du TD Garden. 2008 fut d’ailleurs l’année de leur dernier titre. Aujourd’hui les grands hommes verts sont rentrés dans un véritable processus de reconstruction, et celui-ci risque de prendre un certain temps.

Qu’importe. Je prends toujours autant de plaisir à regarder cette équipe, malgré toutes les difficultés qu’elle rencontre. J’ai attrapé le wagon vert avec le Big Three, composé de Kevin Garnett (mon joueur préféré), Ray Allen et Paul Pierce.  Les deux premiers rejoignirent le troisième  en 2007, pour former un trio de rêve. Garnett est un monstre. Meilleur joueur de la ligue en 2004, meilleur défenseur de l’année en 2008, c’est l’incarnation de l’esprit de Boston. Rage, défense, combat…ainsi qu’un soupçon de vice. Ray Allen c’est l’incarnation du professionnalisme : athlète exceptionnel ayant développé un shoot extérieur aussi esthétique qu’assassin, il a sorti au moins un jour toutes les franchises dans lesquelles il a joué  d’une situation bien mal embarquée (n’est-ce pas San Antonio ?). Paul Pierce lui est le joueur phare des Celtics depuis sa draft par ces derniers. Longtemps esseulé dans des saisons galères où il regardait Antoine Walker croquer comme un Pipo à Georgia State, il reçut enfin un soutien conséquent en termes de talent. Ces trois hommes sont allés au bout, bien secondés par le gros Perk et Rajon Rondo, un jeune meneur avec une tête et un sens de la passe d’alien.

Big 3
De gauche à droite: Pierce, Allen et Garnett

Aujourd’hui le Big Three est parti de Boston. Allen fut le premier à partir, « trahissant » les Celtics en rejoignant Miami à l’été 2012. L’année d’après Garnett et Pierce lui empruntèrent le pas, allant rechercher un dernier challenge à Brooklyn. Il ne reste que Rondo et le franchise player de l’équipe se retouve dans une équipe jeune, en peine construction et qui apprend à jouer ensemble depuis seulement une année sous la houlette de Brad Stevens, un talentueux jeune coach. L’année dernière fut catastrophique, que cela soit en termes du niveau de jeu ou des résultats. Rondo a manqué la première moitié de la saison et, voulant trop bien faire à son retour, il n’a pas arrêté de vouloir prendre l’équipe en main durant la seconde partie de saison. Avec très peu de succès.

Cela fait sept matchs que Boston a débuté sa saison. Le bilan de 3 victoires/4 défaites peut sembler médiocre mais le niveau de jeu est en nette hausse. La répartition du scoring est bonne, la balle se partage très facilement et tout le monde est impliqué des deux côtés du terrain. Le gros problème reste la défense, notamment intérieure. Sullinger et Olynyk se transforment en véritables menaces offensives, que cela soit dans la raquette ou à l’extérieur. Néanmoins ces deux-là sont des gruyères défensivement et à chaque match, leurs adversaires directs se régalent du manque de dureté de la raquette celte. Certes il y a Zeller pour jouer le rôle de baobab : il le fait bien mais est encore trop vite pénalisé par des fautes bêtes. Chez les extérieurs, Bradley et Green font autant de bons matchs qu’ils passent au travers. Ce manque de régularité dérange puisque le banc n’est pas encore au niveau, n’apportant pas de solutions et n’arrivant pas à colmater les trous d’air que peuvent connaître le cinq majeur. Thornton et Turner sont trop irréguliers (eux-aussi), Pressey n’a pas de shoot et Wallace est cramé.

Le problème de Boston réside également dans le fait que l’équipe n’arrive pas à tenir son avance. Commençant presque à chaque fois leurs rencontres tambour battant, ils baissent sérieusement le pied derrière et ne parviennent pas à maintenir un niveau de jeu équivalent sur les quart-temps suivant. Dès lors ils ont perdu deux/trois matchs qui étaient gagnables, simplement pour cause de trous d’air. L’équipe étant relativement jeune, ce plus gros défaut pourra être gommé avec davantage d’expérience, et surtout un apport plus substantiel du banc.

Rajon Rondo dans ses oeuvres
Rajon Rondo dans ses oeuvres

Heureusement que Boston possède Rondo. Je dois avouer n’avoir jamais réellement été fan de ce joueur. Avant cette année il ne cessait de vampiriser la balle, n’impliquant que ses partenaires une fois qu’il avait décidé de faire une passe. De plus il jouait beaucoup de matchs uniquement pour ses statistiques. Cette année pourtant il semble évoluer dans le bon sens. Jouant davantage sans ballon, laissant ses partenaires diriger quelques fois l’attaque, il est désormais plus dangereux pour ses adversaires. Il reste une vraie machine à stat, posant quasiment un triple double à chaque rencontre.

Les Celtics sont sur la pente ascendante. L’équipe est jeune, enthousiasmante et développe un jeu lêché, où l’extra-pass est reine. Néanmoins la situation reste floue puisque les fans ne savent pas vraiment où Danny Ainge – le General Manager – souhaite mener le bateau vert. Veut-il faire venir un gros poisson à l’intersaison prochaine ? Veut-il laisser l’équipe se développer ? Cette incertitude n’est pas positive mais je fais confiance à Danny. D’ici à ce qu’il prenne une décision, je continuerais de mettre mon maillot vert floqué Garnett, de trembler lors de la présentation de l’équipe, de jurer aux briques de Green, et de m’enthousiasmer des passes magiques de Rondo. Regarder l’équipe que j’aime depuis six ans, dans les bons comme les mauvais moments, semble être un bon moyen d’attendre que cette dernière revienne au sommet.

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Tout est dit