Scrubs
En bas de gauche à droite: le Concierge, Elliot, Kelso et Clara En haut de gauche en droite: JD, Turk et Perry Cox

Vous en avez assez des séries de médecins à la Grey’s Anatomy – et tous leurs morts – ou celles à la Urgences – et toutes leurs saisons sans George Clooney ? Rabattez-vous alors sur Scrubs, série de Bill Lawrence ayant débuté sur NBC en 2001 jusqu’en 2008 et ayant fini son existence sur ABC en 2010.

Scrubs raconte les aventures du personnel de l’hôpital Sacred Heart et plus particulièrement celle de John Dorian (Zach Braff). Ce dernier est au début de la série un jeune interne qui fait sa rentrée en même temps que son meilleur ami, l’apprenti chirurgien Christopher Turk (Donald Faison). Ils font alors la rencontre d’Elliot Reid (Sarah Chalke), interne aussi talentueuse que névrosée, ainsi que de Carla Espinosa, infirmière au fort caractère. Dès son premier jour, JD se met la concierge (Neil Flynn) à dos et se voit confronté à son supérieur hiérarchique Perceval Cox (John C. McGinley) ainsi qu’au directeur de l’hôpital Robert « Bob » Kelso (Ken Jenkins). A partir de là il va apprendre ce que signifie être un docteur, en se voyant confronté à toutes sortes de cas, mais il va aussi apprendre à être un homme.

Scrubs est une série décalée. Elle parodie énormément de séries médicale – son fond étant essentiellement comique – les répliques et l’humour physique s’enchaînant à une vitesse effrénée. Elle ne se limite pourtant pas seulement à ça, traitant de sujets beaucoup plus sérieux tels que la maladie, la mort, l’amour ou l’amitié de manière fine et juste. Il en ressort des épisodes déroutants, jouant sur tellement de terrains à la fois qu’il est souvent difficile de garder le rythme.

Scrubs profite en outre de l’incroyable profondeur de son supporting cast. Todd, Ted, Laverne ou encore Jordan, tous sont satellites aux personnages principaux et sont toujours présents dans le background de la série. Lorsqu’ils apparaissent cela n’est ainsi pas forcé. Si l’on rajoute à cela des guest stars (Elizabeth Banks, Michael J. Fox, Tom Cavanagh  et Heather Graham pour ne citer qu’elles) à la fois connues, talentueuses et s’intégrant parfaitement à son univers, Scrubs opère parfaitement dans le détail de chaque épisode et brille sur les petites choses.

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Scrubs n’est pourtant pas parfaite. Elle part souvent dans tous les sens et certains épisodes en pâtissent, n’ayant pas réellement de sens et ne servant qu’à faire du remplissage.

C’est surtout au niveau du main cast que le bât blesse. Les scénaristes, si performant avec les personnages secondaires, échouent à doter les personnages principaux d’une réelle profondeur, les cantonnant à un simple rôle. JD paraît trop souvent indécis, Elliot trop souvent névrosée et Turk et Carla n’arrivent pas à être davantage que seulement attachants. Cependant ils trouveront tous une belle porte de sortie lors de la saison 8 qui, si elle n’est pas de grande qualité, se concentre sur le développement de ses personnages principaux.

Néanmoins, rien que pour Kelso, Perry Cox et le Concierge on peut dire que l’équipe créative se rattrape. Ces trois hommes sont réellement le cœur de la série et rien que pour eux cette dernière se doit d’être regardée. Bob Kelso est tyrannique et mielleux – la combinaison est à l’image de Scrubs – mais tout au fond de lui se trouve une angoisse constante de la fin de sa carrière ainsi qu’un amour inconditionné pour son hôpital. Le Concierge est l’un des meilleurs personnages de séries télévisés que j’ai pu voir, un savant mélange entre agressivité, générosité et gentillesse. Cependant, les deux n’arrivent pas à la cheville du Dr. Cox. John C. McGinley brille de mille feux en médecin intelligent, arrogant mais si fragile, compensant le manque d’ordre dans sa vie personnelle par un travail constant. Un Dr. House avec encore plus d’humanité. Mon personnage préféré, toutes séries confondues.

Enfin Scrubs possède une bande-son incroyable. Comme tout dans la série, elle mélange des genres qu’on n’aurait jamais imaginé cohabiter. Bill Lawrence s’accordera même quelques épisodes musicaux, en forme d’hommage toujours bien choisis. Les musiques s’accordent toujours à l’instant vécu et jamais je n’oublierais le moment où passa How to Save a Life ?, tellement fort et touchant.

Scrubs est donc une série OVNI, difficilement définissable et incroyablement déroutante. Elle brille dans les petits moments, dans des détails disséminés tout au long de ses 8 saisons et 159 épisodes. En outre son series finale est parfait, tout en retenue et en tendresse, sous la musique de Book of Love de Peter Gabriel. Bill Lawrence avait réservé toute la beauté qui émane de la simplicité pour la fin. Scrubs restera dans mon cœur et je n’ai plus qu’une chose à dire : pour paraphraser le digne étendard de notre littérature française, merci pour ce moment.

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