De l'autre côté du mur

Très bon timing pour « De l’autre côté du mur » qui sort dans les salles pour les 25 ans de la chute du mur de Berlin. Christian Schwochow avait déjà gagné de nombreux prix grâce à « La fille invisible » en 2011 et son nouveau long-métrage fait également beaucoup parler. Derrière une histoire assez classique RFA/RDA – que de nombreux films ont déjà revisité – se trouvent des angles originaux que l’on saura apprécier.

« Je vais vous dire pourquoi j’ai voulu quitter la RDA … à cause de questions comme celles-ci »

Premier point original du long-métrage : la réelle question qui y est traitée est au premier plan celle de la transition entre la RDA et la RFA. Si Nelly et son fils arrivent à émigrer du côté Ouest, ils n’y sont toutefois pas libres. De longs mois de lutte les attendent au sein de blocs édifiés spécifiquement pour les émigrés en attente de papiers dans lesquels les conditions de vie sont plus que précaires. Nos personnages vont être confrontés à la lourdeur bureaucratique qui accompagne leur changement de vie, les amenant à être nostalgiques de leur ancienne RDA. La tentative de Nelly d’obtenir de nouveaux papiers se heurte aux services de renseignement qui s’intéressent aux raisons de son émigration, à sa vie ultérieure du côté Est et plus spécialement à son ex fiancé décédé. De ce côté on aura droit à des histoires d’espionnage, de STASI, de services secrets en tout genre, de paranoïa et d’un brin d’histoire amoureuse.

« Je voulais être libre, mais je ne le suis pas ici non plus »

Enfin un film dans lequel le messianisme n’est pas omniprésent ! Si l’héroïne du film, Nelly, réussi à passer de la RDA, où elle a grandit, à la RFA, où elle espère trouver la liberté, le film de Christian Schwochow s’éloigne des sentiers battus et des stéréotypes que présentent très souvent les longs-métrages sur le sujet de la division de l’Allemagne. Pendant plus de deux heures, aucun aspect messianique n’est soulevé, pour une fois nous pouvons échapper aux clichés – que l’on retrouve  dans Good Bye Lenine par exemple – véhiculant des images de liberté suprême du côté américain et d’horreur totale du côté soviétique. Le film dévoile un fort contrôle des Alliés d’un côté et de l’URSS de l’autre – via leurs services secrets respectifs – et les deux sont mis à égalité dans leur conflit politique et diplomatique.

Bref, c’est un assez bon drame que nous offre Christian Schwochow en cette semaine historique. En plus d’une histoire certes classique mais approchée d’une façon originale et appréciable, vous pourrez admirer les qualités d’actrice de Nelly, interprétée par Jordis Triebel, César allemand de la meilleure actrice. L’occasion également de revoir son allemand pour une bonne séance de vostfr !

Blandine Camus.