Sans titre :

Comme  le vent, sur les doux sanglots de la mer,

Projetant leurs ondes à la surface du monde.

Je fais, seul, mille cercles, pas à pas, ma chère,

Chantant nos espoirs à la blanche lune ronde.

Ô, je nous construis un château en sable fin,

Là, nous y trouverions le repos des amants.

Mais hélas ! Chaque nuit noire, fragile, il s’éteint.

Phare en ruine, tu le pleures encore, belle Océan.

Dis-moi divinité…

Dis-moi divinité, toi dont la vue

Porte au-delà de l’horizon, du temps,

Qu’elle est donc ce feu vif de sentiment

Qui brûle ma poitrine mise à nue ?

Ce brasier qui lacère mon cœur

De baisers enflammés et tapageurs,

Amenant à mes joues quelques rougeurs,

Faisant de moi un piètre menteur.

Dis-moi divinité, comment rêver

Quand je trépasse un peu plus chaque jour

Cible de tes trop nombreux traits, Amour ?

Dis-moi pourquoi je ne puis espérer ?

Car la suprême blessure est l’attente,

Ce gouffre froid, sans fond et sans réponse,

Que l’on remplit de larmes, où l’on s’enfonce.

Ô, souffrance éteignant mes braises ardentes !

Dis-moi divinité, pourquoi t’aimer ?

Toi qui ne vis que dans le ciel lointain,

Dont la lueur disparaît au matin,

Me laissant dans la nuit du jour, tué…

Divinité, pourtant, je rêve encore

De voir ta douce lumière naître,

Entendre ta voix rappeler mon être,

Dire je t’aime et contempler l’aurore…

Rose piquante

Tu es la rose sauvage d’un Éden perdu,

Une fleur délicate aux pétales sanguins.

Ton philtre charmeur, attire les cœurs en mues,

Puis, tu les crucifies de tes obscures épines.

Vengeance

Talion, j’applique ta loi.

Mes blessures sont profondes, qu’elles le soient pour lui.

Je me fais justice car j’ai perdu ma foi.

Nul supplice n’expirera sa faute immonde,

Moi,  juge, je le condamne, je l’exclue de ce monde,

Qu’il souffre pour toujours, dans un enfer qui luit.

Moi imagination s’embrase, douce vengeance…

Une petite lame lacère sa peau…

Corps percé de part en part, par toi, mon couteau…

Je délire, ô ! Vive douleur…Douce vengeance…

Par sa faute, en ta tombe, endormie, tu as froid.

J’invente, encore, en ma folie, mille supplices.

Je dois me venger, il me parle, à moi, le vice,

Mais, comment se venger de soi ?

Meurtre

   Qu’ai je fais ?…

Je me souviens…Des couleurs… De mes sens troublés.

Une fête, je crois bien, aux jupons qui dansaient…

Un vacarme, un tohu-bohu, avec excès.

   Qu’ai je fais ?…

Le doute s’empare de moi …Je bois… Jeune fille.

Je dus être mort ivre…Je me sens un baiser,

Qui glisse sur mes lèvres, un goût de sang qui file.

Je me remémore, la taille de mon aimée.

Son parfum sauvage …Ses griffes, qui captent mes bras.

   Qu’ai je fais ? Ce souvenir flou de ses bla-bla …

   Puis, la descente sous un ciel noir, sans clarté…

   Une ruelle déserte, qui brillent aux flots rougis…

   Qu’ai je fais de sa vie, de sa gorge fleurie…

Pam

C’était hier, elle est morte, la petite Pam,

Son petit sourire, celui des enfants, partit ;

Loin, trop loin de mes bras s’en allait son âme.

Ma Pam chérie, c’est au revoir que tu me dis,

Avant de prendre la poignée de la porte,

De t’avancer vers l’ailleurs ; de revenir morte.

Pam, ma fille, je me souviendrais toujours de toi.

Tu sais, je m’excuse de t’avoir grondé fort,

Mais je m’inquiétais, car je suis ton père, moi,

Un ange gardien qui ne sert à rien, la mort

M’a vaincu. Je ne serrerai plus en mes mains

Ta chaleur. Pam. Tu voyages dans le lointain.

Le silence aveugle

A quelques pas l’un de l’autre,

Deux êtres font silence,

Concentrés au simple sens

De ne pas entendre l’autre.

Et pourtant, un simple regard

Les destinerait à s’aimer.

Là, enfin, se rencontrer,

Tout ceci en un regard.

Un pas vers l’inconnue,

La main simplement tendue

Peut apporter le malheur…

Mais qu’est-ce, face au bonheur?

C’est pour cela, que, enfin

J’entrouvre mes yeux sur toi.

Ce silence sourd pris fin,

J’ose t’attirer à moi.

Bataille

« Nous y voilà, mon frère, voici le front !

Allez, oublie la douceur, la raison …

Armes aux poings, chargeras-tu avec moi ?

Contre eux, là, qui veulent te tuer, toi !

-Tu es jeune, à peine dix-sept printemps,

Victime du conflit d’un autre temps…

Génération perdue, aux joues rosies,

Martyrs imberbes aux poitrines rougies.

-Écoute ces clameurs, les Hommes sont bestiaux

Lorsque le sang et les pleurs emplissent leurs tombeaux.

Les obus creusent le sol boueux, tout périt.

Les rafales dispersent les feuilles de tant de vies. »

Le Malheur

Je suis le malheur, l’homme des ténèbres,

Revêtu de noir, cape obscur et lèpre.

Je suis l’oiseau messager, ailes de jais

De toutes tragédies, je suis flatté.

Ce bec, clapote des parlers maudits,

Ô ! Mais toujours, si plein de poésie.

Folie, dernier chant du condamné.

Soupir, que j’inspire aux êtres damnés.

Je suis le poète de la misère,

 Un voyageur vagabond de notre ère.

Ma voix sans âge susurre, vos adieux.

Je me montre, lors de l’ultime folie,

Tendre compassion, larme d’une vie.

Malheur je suis, fossoyeur des cieux.

Doute ou couardise de la vérité

Seul, la plume aux doigts, je me questionne moi.

Le front cerné par l’hésitation, je m’émois.

Car, hélas! Je suis amoureux,

Et je reste silencieux,

Quand elle paraît à mon cœur caché.

Ah! J’agonise, vile timidité !

Ô, bonheur! Je suis amoureux,

Et je brûle pour ses beaux yeux.

Mon petit cœur s’embrasse pour briller,

Telle une mince étoile à ses côtés.

Mon être doute…

Ma romance, aux multiples fins,

Est un supplice de satin.

Amour réciproque, paradis sur terre,

Cœur esseulé, tragédies des enfers.

Cette prison du silence, me tient enchaînée,

Douce prison du mensonge, âmes torturées.

Amour perdu

Ô ! Mes larmes donnent au ciel gris,

La pluie larmoyante de mon cœur.

Elles s’écoulent en ma poitrine en pleur,

Comme sur la vitre, où coule la pluie.

J’entends le clapotement des eaux,

Elles se déversent sur ma peau,

Qu’elles lacèrent de leurs froids touchers.

Leurs sons inspirent mon être troublé.

Douces fragrances du sol mouillé,

Empoisonnez de votre lourdeur,

mon esprit noir, qui se meurtrit le cœur.

Emportez le vers l’Ailleurs parfumé.

Quand t’arrêteras-tu, temps maudit ?

Ramène donc, celle qui partit…

Je me noie sous les flots d’un amour mort,

Sous les maux d’une poitrine qui s’endort.