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Pourquoi Poutine ne deviendra pas tsar

Pourquoi Poutine ne deviendra pas tsar

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Du règne d’Ivan IV le Terrible à celui elliptique de  Nicholas II ( le looser renversé par les Bolcheviques en février 1915) , le plus grand pays du monde a aussi été un des plus grands empires du monde. Néanmoins, l’ex-agent du KGB prénommé Poutine ou le lieutenant-colonel Vladimir n’a pas la carrure d’un Pierre le Grand, 1er empereur des Russes en 1721. De la même façon, il n’a pas fait pour les Russes autant qu’a fait Ivan IV au début de son règne en modernisant le pays par toute une série de réformes. Son esprit de conquête n’atteint même pas la cheville des maîtres de la Grande Russie, Poutine jouant uniquement sur les impressions en organisant des défilés monstres sur les grandes places de Moscou. S’il souhaite glacer le sang des gens comme l’a fait papa Ivan, Poutine doit se rappeler que celui-ci a été victime de démence qui lui a fait perdre son trône. En effet, les Boyards, bête noire du tsar tortionnaire, ont finalement eu raison de lui…

Une tête mal faîte

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Le tsar effrayant Ivan IV dit le « terrible ». La Russie n’a certes plus besoin d’un chef aussi sanglant mais peut-être d’un personnage qui peut impulser des réformes comme l’a fait Ivan à ses débuts. Si si…

Mais Poutine est tout sauf un parano. Bon gros mégalo, il réorganise son armée comme Pierre le Grand maîtrisait finement l’art militaire. Sauf qu’à l’image de l’ex tsar, Poutine oublie peut-être un peu trop la situation misérable intérieure du pays, où l’hiver démographique fait des ravages dans les campagnes. L’argent n’est pas le seul nerf de la guerre, il faut avant tout des hommes. De plus, Pierre le Grand avait une ouverture sur l’Europe, il voulait que son pays sorte du Moyen-Age pour accéder lui aussi à une Renaissance. Catherine II de Russie,  elle, a repris l’ouvre de son illustre prédécesseur, favorisant l’européanisation de la Russie qui paraissait encore comme arriérée par rapport au reste de l’Europe.

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Catherine II de Russie, une femme qui devrait servir de modèle pour le petit Vladimir

Catherine la Grande, partisane de la philosophie des Lumières, avait ce désir d’échange avec les pays aux grands philosophes. La nécessité de vaincre pour croître d’un côté et celle de se réformer culturellement étaient malheureusement incompatibles. Aujourd’hui Poutine se moque des autres traditions, il veut une Russie forte, capable d’imposer comme elle l’a fait en Géorgie en 2008 et quelque mois en Ukraine. Il n’a pas une vision du long terme et ne pense qu’à gagner des batailles sur le champ, ainsi ne réfléchit-il que pour écraser. Sauf que pour le moment ce sont des proies « faciles », sans réelle défense et qui ne font pas intervenir les autres puissances européennes. Poutine s’amuse seulement dans son ancienne aire de jeux et donne de la poudre aux yeux, une poudre qui lui coûte cher.

Tout peut brûler

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Le seul domaine que Poutine a l’air de savoir organiser parfaitement, c’est l’armée. Le budget de la défense augmente chaque année là où la plupart des autres pays y font des coupures à cause de la crise. Il investit à coups de millions de dollars dans du matériel militaire high- tech, notamment pour l’armée de l’air avec des missiles air-sol et d’autres folies balistiques. D’un point de vue géopolitique, la Russie est solide, il n’y a pas à redire. Les ressources énergétiques que lui assurent l’exploitation des nouveaux gisements de pétrole et de gaz au Groenland grâce à la fonte des glaces lui assurent une indépendance. Sa mainmise sur les magnifiques pipelines qui approvisionnent le marché européen est  incontestable. Toutefois, être une puissance énergétique ne veut pas dire superpuissance.  Dans le monde, les Etats-Unis viellent aux débordements part toute leur série de bases miliaires. D’accord Poutine veut l’Europe, mais le Vieux Continent est sous contrôle de l’OTAN et avec la plupart des pays membres de l’Union européenne alliés aux Etats-Unis.

Des menaces futiles

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Les pectoraux de Poutine ont suffi à avaler d’ex-morceaux territoriaux soviétiques.  Il lui reste à gagner maintenant ce qui ferait de lui un véritable tsar, à savoir manger d’un seul plat toute l’Europe de l’est. La tactique des annexions et du grignotage a ses mérites, mais ne tient qu’à un fil. Dès que les gros bras de Vladimir démangeront le dos de l’Allemagne et de la France ou simplement les intérêts des autres pays, alors le méchant loup retournera dans son terrier. Une guerre européenne à cause de la Russie est peu probable à l’heure actuelle, compte tenu des multiples interdépendances économiques. Le gazoduc peut cependant sauter à tout moment. Il faut faire aussi attention à ne pas laisser l’ogre russe ouvrir trop grand sa bouche. Car si chaque Etat attend l’alerte rouge et une nouvelle annexion dangereuse de la Russie, la panique risque de jouer en faveur d Moscou. Poutine est encore petit et puéril, mais assez malin pour sentir le bon vent de la victoire, minime soit-elle.

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L’ »union eurasiatique » dont rêve Missiz Poutine n’est sûrement pas pour demain. Faut-il aussi penser aux Russes qui ont peut-être aussi leur mot à dire face aux coups de poing répétitifs de leur chef. Qui sait si un jour les habitants de la Sainte Russie ne vont pas sortir plus nombreux dans les rues et renverser l’étalon pur-sang de sir Vladimir ? De plus, Poutine n’est pas aussi taré que Staline ne l’était et il fait preuve parfois d’une certaine sagesse. Oui, Poutine n’es pas autant tyrannique qu’on ne le croit, il siège dans les réunions démocratiques telles que les G8 ou G20 et accepte la discussion voire les remontrances.  Il accepte la figuration et le semblant des élections avec des observateurs malgré le bourrage des urnes. Les parades du régime russe montre la complexité de son personnage principal, imprévisible mais pas aussi terrible qu’un Ivan IV. Bon marionnettiste et excellent stratège, Poutine fait face à trop de frontières et de souverainetés solidement fixées à la fois pour imposer sa loi. Le temps qu’il conquiert  la moitié de l’Europe de l’est et on parlera de lui déjà au passé !

 

Adri-Maugri