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Chronique ciné : Guardians of the Galaxy

Chronique ciné : Guardians of the Galaxy

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Avec : Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Vin Diesel, Bradley Cooper, Benicio del Toro et Djimon Hounsou

 

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Dans un univers cinématographique lointain, très lointain, où sont apparus successivement Star Wars, Star Wars II, Star Wars III, les trois épisodes prologues qui ont faillit tout gâcher, puis Star Trek, Star Trek II, Star Trek Némésis, et le reboot qui a sauvé la franchise de la cruelle ringardise des années 80… Dans un monde qui a vu naître Alien, puis Predator, puis E.T., puis Paul, débarque un film bourré d’effet spéciaux, de voyage galactique, de vaisseaux spatiaux, et d’aliens souhaitant foutre le bordel dans le cosmos: Les Gardiens de la Galaxie. Alors préparez vous pour deux heures de film vitesse grand V à propos d’un nana en vert, d’un humain débile, d’un raton laveur, d’un arbre et de Kratos de God of War, qui se rassemblent pour sauver l’univers. Autant dire que le programme est chargé.

 

! Spoilers (duh) !

 

Après presque dix ans d’étalage foisonnant de super-héros sur le grand écran, Marvel revient en force dans votre cinéma avec un comics des temps anciens… Fini l’époque des X-Men et autres Avengers qui vous bourrinaient allègrement le crâne à grands coups de valeurs hollywoodiennes ; place aux héros excentriques et plus qu’improbables, qui prennent ici les commandes d’un astronef pour sauver la galaxie, plutôt malgré eux. Marvel a troqué ses collants de justicier contre un perfecto en cuir rouge qui sied si bien à ses antihéros qui n’ont rien d’un Thor, d’un Tony Stark ou d’un Wolverine. Car oui, cette fois ci Marvel fait dans l’atypique… Et le résultat, quoique très inachevé, est plutôt concluant.

 

Guardians of the Galaxy ouvre fort en peignant le portrait de Peter Quill, aka Starlord, un terrien hors-la-loi et contrebandier galactique ayant manifestement la faculté de se foutre dans le pétrin diaboliquement vite, au cours de ses multiples périples de planète en planète. Naturellement, ce « superpouvoir » le fait tomber sur une obscure relique spatiale à l’inestimable valeur, ce qui lui vaut, sans surprise, quelques soucis avec un empire d’aliens nationalistes-génocidaires plutôt antipathiques, ainsi qu’une tripotée de chasseurs de primes. S’ensuit alors une quête visant à préserver l’univers d’une meute d’horribles racistes avec le pouvoir de détruire des civilisations entières – rien que ça – grâce à une pierre violette ancestrale – ? – sortie d’on ne sait trop où. Bon, le scénario a de grands airs de déjà-vu, mais plutôt que de remettre cette quête entre les mains de l’équipe traditionnelle de Kirk, Spock et Uhura, les concepteurs la refilent ici à une bande de zouaves finalement plus dangereux à eux cinq que toutes les pierres violettes du monde.

Oui bon, parce que si vous vous êtes arrêtés à la lecture de la fiche technique du film, vous serez surpris d’apprendre que près de la moitié du head casting, prêtent en fait leur voix à un raton laveur taré – certes – et un arbre – sans commentaire – pas très communicatif… Pour ce qui est du reste, on retrouve un catcheur terrien dans le rôle de  ce qui s’apparente le plus à une forme de catcheur plutonien, Zoey Saldana d’Avatar en vert, et Chris Pratt en tant que ce pas si fameux Starlord, un truand high-tech qui est resté bloqué dans les 70’s au niveau musique. En somme, cette équipe de choc fait plutôt bon effet, tout intrigué que l’on est par le fait que le cerveau de la bande reste un rongeur militarisé avec la voix de Bradley Cooper…

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La fine équipe – Groot (Diesel), Rocket (Cooper), Quill (Pratt), Gamora (Saldana) et Drax (Bautista)

 

En effet, la petite bande insolite a somme toute du charme, même s’il s’agira d’attendre une saison deux, pour les voir un peu plus en action. Les personnages ont de toute évidence beaucoup à offrir, vu la richesse de leur caractère : du raton ingénieur complexé, à la brutasse imperméable à la métaphore en passant par le pitre pop-dancer, il y a beaucoup de terrain humoristique à explorer. Le film en fait malheureusement trop peu de ce point de vue là, se contentant de quelques runnings gags, et sans doute trop lent à amorcer l’intrigue centrale pour exploiter pleinement le potentiel déconne du groupe. On aurait préféré plus de piques par le raton, plus de brutalité débile de la part de Drax le catcher, et sans doute un peu plus d’interventions poilantes de Chris Pratt, qui finit tout de même le film en beauté avec un gag complet face à notre tyran génocidaire. L’arbre restait quand même un bon divertissement malgré sa capacité d’expression limitée. Après tout, ces personnages auraient été le sel et le poivre d’un space-opéra très bien ficelé quant à son grandiose univers.

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                                                                               Drax, qui fout la merde

 

Car oui, la réelle attraction du film réside dans la richesse (et la beauté !) de son univers galactique – dont on ne fait que redemander ! Avec son complexe pénitentiaire, son exploitation minière dans le crâne d’une créature de l’espace – ? – son background politique en demi teintes mais néanmoins alléchant, et ses innombrables sortes de créatures, Guardians of the Galaxy fait la promesse d’un univers constellé de lunes et de planètes fourmillantes de vies et de merveilles. Les fans du genre s’extasieront avec espoir devant le film – potentiellement – porteur d’un nouveau monde vers lequel s’enfuir, à la conquête des étoiles. Marvel fait vraiment mouche en se lançant dans une franchise taillée dans la science-fiction plutôt que dans le genre super héros. Qui sait ce qu’un deuxième, voir troisième film, nous réservent ? On peut s’attendre à beaucoup après un film d’introduction certes un peu traînant de la patte, mais qui nous lance vers la suite.

 

Plus fabuleux qu’un Star Trek passé cloitré dans son Entreprise, plus déjanté que la saga Star Wars qui n’en finit plus de compter ses rides, et sans doute plus proche des Chroniques de Riddick, Guardians of the Galaxy vous scotchera à votre sièges pour – seulement – deux heures, tant et si bien que vous en redemanderez. Ce n’est pas que les personnages sont exceptionnellement bien mis en avant ; ni que la trame est particulièrement originale (grand danger blablabla, grand méchant blabla, grands pouvoirs grandes responsabilité blablabla, les grands sauveurs blabla !), qu’il est hautement philosophique ou même que le tout est une œuvre d’art… Non. C’est parce que discrètement – mais assurément – il fait miroiter la possibilité d’un nouvel univers fantasque, et fait rêver ses téléspectateurs de partir à l’assaut d’une galaxie pas si lointaine que ça… Et cela vaux bien toutes les lacunes du monde.

 

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BILAN : I AM GROOT