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Séville 2013 (par Manon Tanghe)

Séville 2013 (par Manon Tanghe)

Peux-tu nous expliquer le choix de ta destination ?

En envisageant ma troisième année, j’ai considéré d’abord l’intérêt linguistique. Quant à passer une année entière dans un autre pays, autant en profiter pour apprendre une langue. Je voulais apprendre l’espagnol ou l’arabe. L’espagnol m’a semblé plus accessible pour des raisons pratiques et culturelles (et l’Andalousie ayant été occupée plus de 700 ans par les Araberbères, je fais d’une pierre deux coups).

Mes premiers choix se portaient sur l’Amérique du Sud, comme beaucoup de personnes mieux classées que moi. Séville était mon premier choix en Espagne, j’y avais passé des vacances en 2010 (au moment où l’Espagne a gagné la coupe du monde) et j’avais adoré, j’aime encore davantage maintenant.
 

En quelques mots, comment décrirais-tu cet endroit ?

Magnifique, ensoleillé, chaleureux, vivant…
 

Qu’est-ce qui t’a motivé à choisir cette université ? Comment as-tu choisis tes cours (par rapport à un projet professionnel, par curiosité, au hasard…) ?

À l’arrivée sur place, les choix de cours effectués en amont sont forcément bouleversés : contraintes horaires, cours complets, etc. Pour le premier semestre, j’ai choisi quelques cours étudiés à l’IEP, afin de voir comment ces matières sont enseignées ici. Les autres cours, je les ai choisis par curiosité surtout. Par exemple, le « droit et facteurs religieux », cours de 4ème année de droit, qui est un moyen aussi de mieux appréhender la culture espagnole.
 

Parle-nous de tes conditions d’études ! Comment se passent tes cours ? Es-tu satisfait des installations, de ton emploi du temps et de tes profs ?

Comme partout, certains cours semblent plus intéressants que d’autres, certains profs plus passionnants que d’autres. De même, certains se préoccupent davantage de la compréhension des « erasmus » que d’autres. Certains sont à-cheval sur la ponctualité (arriver dans le premier quart d’heure du cours), d’autres encore moins (ne jamais commencer dans la première demi-heure). Au niveau de l’emploi du temps, je n’ai vraiment pas à m’en plaindre. J’ai pu choisir mes horaires de cours de sorte qu’ils soient regroupés. Résultat : je n’ai jamais cours le matin, ce qui est très pratique ; de quelque manière qu’on profite de la matinée. Bon ensuite, il ne faut pas non plus avoir peur des cours jusqu’à 21h.
 

Comment s’est passée ton intégration vis-à-vis des autres étudiants, locaux et étrangers ?

Ici, tout est organisé pour pouvoir rencontrer facilement des étudiants de partout dans le monde. Et en général, en cours, on a tendance à se regrouper entre « étudiants visitants », afin de partager nos grands moments d’incompréhension. En ce qui concerne les étudiants locaux, je les ai trouvés plutôt abordables et accueillants pour la plupart. Il y en a toujours qui n’auront pas la patience de parler plus lentement ou de répéter pour faciliter votre compréhension, mais on y survit.

L’avantage, c’est que beaucoup ne maîtrisent aucune langue étrangère donc… pas de tentation de céder à la « facilité de l’anglais ».
 

Que peux-tu nous dire sur le dynamisme de la vie extrascolaire (culture, sport, sorties, vie nocturne…) ?

L’Espagne n’a pas sa réputation de fêtarde par hasard. Les assos erasmus sont très actives, il y a des « événements » tous les jours. Surtout des soirées, mais aussi du sport (aviron, kayak, beer-pong, …), des cours de cuisine locale, etc. Et au début de l’année, des voyages organisés quasiment chaque weekend pour découvrir la région. Il y a vraiment moyen de profiter à fond de son temps libre.
 

Et sur un plan plus technique, à quoi ressemble ton quotidien ? (logement, activités, nourriture, transports)

Pour la grande majorité, les étudiants visitants vivent en « piso compartido ». Il y a beaucoup d’offres à ce niveau-là, allant de la coloc sérieuse à la vraie « auberge espagnole », et dans tous les coins de la ville. j’ai choisi de vivre seule, un appart situé entre la fac et le centre-ville. Comme il n’y a pas vraiment de problèmes d’intempéries, ça permet de ne se déplacer qu’à pieds (et éventuellement en Sévici, le vélov’/vélib’ local) ; c’est confortable.

Au niveau « activités », je fais pour le moment du bénévolat dans une maison de retraite. Et j’essayerai sûrement de trouver un petit boulot une fois que je maîtriserai la langue.

Pour les loisirs, c’est assez irrégulier. J’apprends à danser la « sevillana » (sorte de flamenco, traditionnel du folklore sévillan) au bar d’à côté, j’ai trouvé une guitare classique pour apprendre à la jouer…
 

Par rapport à tes années Strasbourgeoises, que penses-tu du coût de la vie ici ?

La vie est moins chère, vraiment. Vive la crise. Le café à 50 centimes, le litre de Cerveza à 1€, le Ballantine’s à 10€… ça n’a pas de prix !
 

Qu’est-ce qui t’as semblé le plus dépaysant à ton arrivée ? (culture, gastronomie, état d’esprit…)

L’état d’esprit hyper cool des Espagnols. Doucement le matin, pas trop vite l’après-midi. Pourquoi faire aujourd’hui ce qu’on peut remettre à demain ?

Si cela agace au début, lorsqu’on a plein de choses à régler et qu’on se heurte à une inertie administrative décuplée, une fois que l’on a pris le pli, on apprécie ce mode de vie anti-stressant.
 

Si ce n’est déjà fait, comptes-tu profiter de ta 3A pour voyager ?

J’ai déjà pu visiter Barcelone, Grenade Cordoue et Malaga. Pour les autres villes de la région et d’Espagne, j’attends le retour des beaux jours (et l’arrivée de la bourse erasmus, aussi).

Déjà programmé pour le second semestre : Madrid, Marrakech, Vienne. Puis un tas d’autres envies à concrétiser : les Baléares, Lisbonne, Alicante, Valence. Et profiter également d’avoir des connaissances un peu partout en Europe.
 

Qu’est-ce qui te manquera le plus une fois rentré en France ? Qu’est-ce qui te manquera le moins ?

Le plus. Le climat assurément. Les guides touristiques disent : 3000 heures de soleil par an. Je ne me rendais pas du tout compte de ce que cela pouvait représenter avant. Maintenant, je me demande comment je parviendrai à nouveau à passer un mois de novembre dans la grisaille alsacienne. Et tout ce qui va avec le climat : la bonne humeur, le sourire des gens qui sifflotent, la convivialité, les musiciens et spectacles de rue, etc.

Le moins. Le bruit. Les Andalous étant plus Africains qu’Européens (à croire que la méditerranée aurait du passer au-dessus de cette région), le niveau sonore est comparable. D’un côté, c’est chaleureux, on se croirait parfois au cœur d’une fête de famille nord-africaine. Mais de l’autre, les cours peuvent devenir assez pénibles passé un certain niveau de décibels.
 

Si ta 3A était à refaire, choisirais-tu la même destination ?

Oui. C’est idéal pour être vraiment dépaysé sans partir trop loin…
 

Aurais-tu des conseils à donner aux autres Pipos, en ce qui concerne les démarches à suivre auprès de l’administration, les astuces une fois sur place ?

Certainement, mais ça prendrait un temps fou à détailler, d’autant que ça n’intéressera pas le quart de la moitié des gens. Il vaut mieux que les heureux élus futurs sévillans me posent directement les questions qui les taraudent.