Six jours sept nuits bercent déj
Le présent à venir
Je vois la rue déserte et l’étoile du pavé
La solitude nue pleurer nocturne passante
Dans mon rêve sans ombre
J’entends les pas du silence
Marteler mon sommeil et les paroles diurnes
Versées de lassitude
Je sens les draps complices
Fondre de lumière
Sous la caresse de mes yeux
Mes lèvres de cendres
Effleurer le soleil glacé
De ton corps meurtri

Je t’ai sentie ta peau
Dans le frisson d’été
Ton sein blotti au cœur de ma nuque
En feu
Je t’ai effleurée ton dos
Parsemé d’étoiles noires
Lisse comme un duvet de larmes
La nuit cristalline a fôlé ton rêve
Trop pur embrasé un instant
Par mes lèvres de soie

Tu m’as donné ton plus beau baiser
Enfermé cacheté dans l’écorce fragile
De cette enveloppe grise
Posée sur le marbre noir de mon matin
Je l’ai ouverte sans l’ombre d’un souci
Loin des pensées qui m’assaillaient alors
J’y ai trouvé tes lèvres humides empourprées
Qui remuaient beaucoup et qui frôlaient les miennes
J’y ai lu des mots des pensées des caresses
Dans un songe réel comme nos contes de fées
J’y ai vu des lettres sombres et claires
Réciter le passé annonçant l’avenir
Tu m’as donné ton plus beau baiser
Ta bouche de papier versait plus de paroles
Que tous les mots dits par nos silences meurtriers

Je te voudrais tant fille de lune
Le sein sur l’oreiller complice
La nuit entre deux doigts
Le corps bercé peut-être par
La caresse de mes mots

Ludo.